HIÉRARCHIE PHILOSOPHIQUE
au Phèdre et au Banquet comme dissertant de façon théorique et sur les choses théologiques; et ainsi il faut arriver vers les parfaits^ je dis le Timée et le Parménide... (les Lettres, les Lois, la République)... »
Plotin, si nous pouvions le comprendre parfaitement, nous fournirait à coup sûr des renseignements nombreux sur les Mystères. Non que la philosophie de Plotin soit la philosophie même des Mystères, mais elle a été coulée dans le moule des Mystères. La première Ennéade parle de purifications; la dernière parle d'union intime; dans l'intervalle, il est question d'ascension, d'époptie... En sorte que l'ordre des Ennéades ne paraît pas arbitraire, mais conforme à l'ordre même des grades successifs auxquels on parvient dans les Mystères : initiation, époptie, couronnement, sacerdoce, royauté, divinisation. Les Ennéades sont au nombre de six parce que les Mystères comportent six degrés, non compris l'initiation aux Petits Mystères ou purification (à quoi Plotin fait allusion seulement au début du premier livre) ; et chaque Ennéade correspond à un degré.
Clément d'Alexandrie lui-même, chrétien, et souvent fort hostile aux Mystères helléniques, a cependant suivi, dans ses Siromaies, la marche ascensionnelle des Mystères éleusiniens, comme Pythagore, Platon, Plotin, et tant d'autres.
Au livre premier, il veut guérir les passions, c'est-à-dire obtenir une purification ^.
Dans la suite des cinq premiers livres, il suit la progression : petits Mystères, grands Mystères, époptie, comme il le souligne lui-même ^.
Au livre VI, il passe à un grade supérieur : « Celui qui a d'abord mis la modération dans ses passions, puis s'est appliqué à faire disparaître les passions, qui s'est- élevé à la belle activité de la perfection gnostique, en vient à être au niveau des anges. Alors, lumineux et brillant comme le soleil dans sa bienfaisance, il se hâte, par la décision (gnose) juste, grâce à l'affection de Dieu, vers le saint séjour, comme les apôtres ^... »
1. siromaies, 1, 1, dans la Pair, grecque de Migne, t. 8, p. 249-251.
2. Voir le texte plus loin, p. 227. — En VI, 7, en se résumant, il nomme « Perfection » et « Contemplation ».