Vers
con. Là était l'autel de Poséidon Héliconios » (Clitodème, cité par Bekker, Anecdola graeca, I, 336).
Or Poséidon, dieu du souffle vital, imprime aux eaux des sources, des fleuves, de la mer, le mouvement grâce auquel elles reviennent sur elles-mêmes ^; il pousse dans le corps humain le sang partant du cœur 2, il peut assurer la stabilité et la santé au corps humain comme à la terre ^.
Les mystes peuvent l'invoquer ainsi suivant un hymne orphique :
« ... Sauve les fondements de la terre et l'élan favorable des navires, amenant la paix, la santé, une prospérité au-dessus de tout blâme! »
«... O roi maître de la mer, très sacré, qui reçois des honneurs magnifiques! O toi qui aimes les vénérables mystopoles, et les cérémonies sacrées! Sois propice, envoyant une heureuse fortune aux mystes! » {Hymne orph., XVI, 9).
Les Athéniens honorent des Muses « Ilissides », c'est-àdire des Muses établies près de l'Ilissos :
« Ihssos, dit Stéphane de Byzance, en son lexique, fleuve de l'Attique dans lequel sont honorées les Muses Ilissides^ comme le dit ApoUodore. »
« Les Athéniens, dit Pausanias, veulent que l'Ilissos soit un fleuve sacré d'autres dieux, et il y a sur ses bords un autel des Muses Ilissides » (Pausanias, I, 19, 5).
Or, des textes assimilent en termes exprès l'enseignement des Muses aux Mystères :
« Quelques-uns donnent l'étymologie du mot Muse (Moûsa) en disant qu'elle est initiatrice ((i.uouaa), car l'enseignement par les Muses ne diffère en rien des Mystères. » (Photius, Bibliothèque, CCLXXIX, 531, dans la Patr. Grecque de Migne, tome 104, p. 308).
« Elles ont été nommées muses du fait qu'elles initient (àico Tou (xueîv) les hommes, c'est-à-dire du fait qu'elles enseignent les
1. Maxime de Tyr, X, 8; Cornutus, ch. IV; Schol. d'Eschyle, Sept, 320; Eustathe, Sur V Iliade, XV, 190, mais aussi Platon, Phédon, 112 a b, Xénophane et Thaïes (Diels-Kranz, Die Fragm. der Vors., pour le premier, fragm. 30, I, p. 136: pour le second, A 5, I, p. 45) — et au fond, Hésiode, Théogr, 337; Homère, Iliade, XXI, 195 et suiv.; Eschyle, Sept, 307-311.
2. Platon, Phédon, 112 a b; J. Lydus, Des mois, IV, 79; Sénèque, Ques' lions nat. 15.
3. Par exemple, Aristophane, Acharn., 682; Aristide, Discours, III, édit. Dindorf, t. I, p. 29. ,
choses belles et importantes et inconnues des ignorants » (Diodore de Sicile, IV, 7).
Pendant la célébration des Petits Mystères, on rappelle sans doute comment certaines divinités et certains héros furent purifiés à Agra, ou par les Petits Mystères.
Ainsi la déesse Athéna, quand elle étit vu Tydée se souiller la gorge avec le sang de son ennemi « ne remonta pas vers les astres avant que le flambeau mystique et l'Ilissos innocent n'eussent purifié ses yeux avec beaucoup d'eau i. »
Et c'est pour purifier Héraclès, après le meurtre des Centaures 2, que Déméter a institué les Petits Mystères :
« Déméter, pour la purification du meurtre des Centaures, établit les Petits Mystères, honorant Héraclès » (Diodore de Sicile, IV, 14).
Les Éleusiniens, dit-on encore, auraient établi les Petits Mystères pour Héraclès parce qu'il était étranger :
« Héraclès est appelé myste parce qu'il a été initié à Eleusis. Pour lui, comme la loi ordonne de ne pas initier les étrangers, les Éleusiniens ont fait les Petits Mystères » (Schol. de Lycophron, 1328).
Philostrate ^, parlant des cérémonies qui se font à Athènes pendant le mois Antesthérion, raconte qu'on y récite « des vers orphiques et la théologie orphique. » Il semble probable que ces cérémonies aient rapport aux Petits Mystères; il semble donc probable que les Petits Mystères, comme les Grands Mystères *, rappellent les enseignements d'Orphée, qui enseigna aux hommes à cesser de manger la chair humaine ^, c'est-à-dire enseigna les règles fondamentales de la civilisation.
1. Nec prius aslra subit quant myslica lampas et insons Ilissos mulla purgavit lumina lympha (Stace, Thébaîde, VIII, 764-765).