‹ Les mystères d'Éleusis [microform]Chapitre 174 sur 290 · Sur Verreur des Religions profanes · texte numérisé non relu

Sur Verreur des Religions profanes

« Il nous plaît maintenant, dit le chrétien Firmicus Maternus, d'expliquer par quels signes ou par quels symboles la misérable foule des hommes se reconnaît au milieu des superstitions mêmes. Dans un certain temple, afin que l'homme, qui va mourir, puisse être admis à l'intérieur, il dit : Tai mangé au iympanon, j'ai hiX au cymbalon, j'ai appris les cérémonies de la religion, ce qui se dit en grec : è/, Tufiiuavou Péôpwxa, èx x.u{i.6aXo'j icéxwxa, y^Yova (XuaTixoç.

§ IV — Épreuves.

Alors viennent les épreuves de l'initiation.

Or cette initiation ne se passe pas de la même façon pour tous : tous sont censés mourir et aller chez Hadès après avoir quitté leur corps, mais tous ne meurent pas de la même façon, ne suivent pas la même voie, ne rencontrent pas en route les mêmes spectacles ou les mêmes épreuves, n'ont pas les mêmes conducteurs.

Deux textes très explicites nous en avertissent, l'un de Platon, l'autre de son commentateur Olympiodore :

« Ce chemin n'est pas tel que l'affirme le Télèphe d'Eschyle, car il dit que le chemin qui conduit à la demeure d'Hadès est simple; et il me paraît qu'il n'est ni simple ni unique; s'il l'était, il n'y aurait pas besoin de guides, car nul ne se tromperait de chemin s'il n'y en avait qu'un; au contraire, il me semble qu'il y a beaucoup de bifurcations et de détours, comme je le conjecture d'après ce qui se pratique ici dans nos saintes cérémonies » (Platon, Phédon, 108 a).

« Eschyle ayant considéré la sortie de l'âme hors du corps, qui est commune à tous, dit que le voyage vers Hadès est simple. Cependant la sortie n'était pas unique, puisque l'une est soumise à la souffrance, l'autre sans souffrance, l'autre intermédiaire, et chacune de formes diverses. Mais le voyage vers Hadès est varié : en effet les destinées sont différentes, de telle ou telle nature, ou opposées, et les vies des âmes ne se tournent pas de la même façon, et les démons qui conduisent ont des apparences diverses, et chacun mène par sa propre route » (Olympiodore, Sur le Phédon de Platon, édit. Norvin, p. 192, 10 et suiv.).

Nous ne pouvons pas distinguer dans le détail les épreuves subies par chaque série de candidats. A peine pouvons-nous déterminer un certain nombre d'épreuves, sans être bien assurés de l'ordre dans lequel elles se succèdent.

Les initiés sont censés mourir et recevoir la sépulture.

Ensuite ils commencent un voyage, qui représente le voyage des âmes dans les Enfers.

Ils vont dans l'obscurité, conduits par leurs mystagogues.

Ils ne doivent pas se retourner, sous peine de tomber aux mains des Érinyes qui les précipitent de nouveau dans le bourbier. Par là la religion signifie que l'initié doit quitter sans aucun regret son corps et la vie dominée par les besoins du corps : le regret seul de la vie bestiale suffît pour y faire retomber.

Des apparitions diverses les effraient pendant leur marche.

Ils arrivent devant un tribunal et subissent un jugement.

S'ils sont reconnus coupables, ils subissent un châtiment.

Puis ils sont purifiés.

Quand le jugement favorable a été prononcé, ils boivent l'eau du Léîhé qui doit leur faire oublier la vie corporelle.

Ensuite ils s'élancent vers le haut en courant. Ils arrivent à la lumière. Ils reçoivent de nouveaux vêtements, se joignent aux chœurs des initiés, et voient les spectacles magnifiques.

Nous avons, sur ces diverses phases des épreuves, des do~ cuments assez nombreux, qui nous dévoilent tel ou tel rite, ou telle succession de faits.

Les textes de Plotin ont une valeur particulière, parce que Plotin a indiqué en termes assez clairs qu'il fait allusion, dans le premier livre des Ennéades, à l'ascension qui constitue l'initiation aux Grands Mystères, et non à la marche en avant qui constitue l'initiation à l'époptie ^ :

« La marche est double pour tous, suivant qu'ils montent ou sont arrivés en haut; la première part d'en bas, la seconde est pour ceux qui sont déjà parvenus dans l'intelligible et qui, y ayant pour ainsi dire pris pied, doivent s'avancer là-bas jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'extrémité du lieu... Mais laissons la seconde de côté, et parlons de l'ascension. »

Mais tous les textes ont leur importance.

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