‹ Les mystères d'Éleusis [microform]Chapitre 177 sur 290 · Lampridius, Commodus · texte numérisé non relu

Lampridius, Commodus

tères de Mithra par un homicide véritable, « car on a l'habitude, dans ces cérémonies-là, de dire ou d'imaginer quelque chose qui fasse peur. Sacra Mithriaca homicidio vero polluii, cum illic aliquid ad speciem timoris vel dici vel fingi soleai ».

L'expression de l'historien latin semble faire croire que les autres Mystères ont des cérémonies analogues. En tout cas, Aelius Spartanus nous apprend ^ que beaucoup de gens avaient des couteaux aux Mystères d'Eleusis :

« Après cela, il (l'empereur Adrien) navigua par l'Asie et les îles vers l'Achaïe, et il prit ^ les Mystères éleusiniens, à l'exemple d'Hercule et de Philippe. Il accorda beaucoup de bienfaits aux Athéniens et siégea comme agonothèie; et, en Achaïe, on observa et on raconte ce fait que, alors que beaucoup, dans les Mystères, avaient des couteaux, personne d'armé n'entra avec Adrien. »

Les mystes doivent être plongés dans la boue :

« Les théurges ordonnant d'ensevelir le corps, à l'exception de la tête, dans la plus mystique des îélétés, Platon l'a avancé lui aussi, poussé par les dieux eux-mêmes » (Proclus, Théol. Plat, IV, 9, 293).

Il y a un bourbier ou borboros qui symbolise la vie impure, dans laquelle reste le non-initié :

« Suivant la théorie (le logos) antique, la maîtrise de soi (sophrosyné) et le courage et toute vertu sont une purification; de même la réflexion (phronésis). Voilà pourquoi les lélélés font justement deviner, par leurs énigmes, que celui qui n'a pas été purifié dans l'Hadès restera étendu dans le borboros, parce que l'impur, à cause de sa malignité, aime le borboros; telles les truies, au corps impur, qui aiment un tel borboros » (Plotin, I, 6, 6).

C'est dans ce borboros que les mystes doivent tomber; c'est de ce borboros qu'ils doivent sortir :

a L'homme arrive complètement dans la région de la dissemblance; s'étant enfoncé dans ce lieu, il sera comme celui qui est tombé dans le borboros obscur » (Plotin, I, 8, 13).

(( L'âme meurt, comme elle peut mourir; la mort, quand l'âme est encore dans le corps, c'est de s'enfoncer dans la matière et de s'en remplir; la mort, quand elle est sortie (du corps), c'est de res-

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