Lucien, Calaplous
2. L'auteur veut expliquer le passage d'Aristophane, où il est question d'Empousa, et où le mot bolitinon est employé.
3. Voir encore schol. Eur., Hel., 570 : Dion Ghrysostome, Discours, IV, 168-169; Marinus, Vie de Proclus, 28; et Rohde, Psyché, p. 371, note 2.
par Hécate : « Anlaia... Le mot signifie aussi un démon. Et Ton appelle aussi Hécate ^nfaza, parce que c'est elle qui envoie ces démons. »
On peut comparer Lydus {Des Mois, HI, 8) : « Hécate a, à l'égard de la terre, la nature du chien, chargée de châtier et de vengeri Aussi les poètes Tappellent-ils Cerbéros, qui a la même valeur que Créoboros ^. »
Pléthon parle, d'après les témoignages qu'il a pu consulter, de fantômes qui ont des formes de chien.
« A la plupart des initiés ont coutume d'apparaître, dans les iélétés, certaines apparitions en forme de chien » (Pléthon, Obsop., p. 41, cité dans Lobeck, Aglaophamus, p. 113).
Parfois il est question de serpents et de bêtes sauvages.
Dans les Grenouilles d'Aristophane, Héraclès raconte en ces termes le voyage qu'il fît aux Enfers ^ :
« Tu verras des serpents et de terribles bêtes sauvages en grand nombre... Ensuite beaucoup de borboros, avec des saletés à la surface, et, couchés là-dedans, ceux qui ont fait du tort à leurs hôtes... Ensuite un souffle de flûte viendra vers toi. Tu verras une très belle lumière, comme ici, et des plants de myrte, et des thiases bienheureux d'hommes et de femmes, et des applaudissements nombreux. » Dionysos questionne : a Et qui sont ces genslà? » A quoi Héraclès répond : « Ce sont les initiésl » (Vers 143 et suivants).
Ailleurs il est question d'apparitions diverses ou démoniennes, qui doivent effrayer les mystes.
Proclus a parlé plusieurs fois de ces apparitions : « Avant le drame mystique, certains effrois sont produits dans les plus saintes des lélélés, soit par des paroles, soit par des spectacles, et ces effrois inclinent l'âme devant la divinité... » [Sur YAlcib. de Platon., édition Creuzer, p. 61).
« Dans les lélélés, les mystes, parce qu'ils voient des apparitions indicibles et des symboles effrayants, deviennent plus aptes à recevoir les lélélés et ont un plus vif désir de les recevoir... » (/ôîrf., p. 142).
1. Le mot grec créoboros signifie « qui dévore les chairs ». — On verra d'autres témoignages sur «la voix de chien », dans les hymn. mag., 5, 17, édition Abel, sur la « chienne noire » dans le livre magique de Paris, les chiens d'Hécate « mauvais démons » dans Eusèbe, Prép. évang., 4, 23; 7, 8, citant Porphyre (d'après Rohde, Psyché, p. 331, note 1).
2. Il semble difficile de croire qu'un personnage de comédie, parlant, à Athènes, des « initiés », songe à autre chose qu'aux initiés des Mystères d'Eleusis.
« Dans les plus saintes des îélétés, les mystes, dit-on, rencontrent la première genèse, voyant apparaître devant eux des dieux à beaucoup d'aspects et à beaucoup de formes, mais, entrant droits et fortifiés parles télétés, ils reçoivent dans leur sein l'illumination » (Proclus, Théol. plat, 3, 7).
(c ...Les dieux présentent beaucoup de leurs formes, changeant souvent d'apparence; tantôt ils présentent une flamme de forme indéterminée, tantôt une flamme en forme d'homme, tantôt en une autre forme. Et cela nous est transmis par la mystagogie d'origine divine. Voici en effet ce qu'elle dit : Feu semblable à celui qui bondit, feu qui étend sa marche dans Vair, ou bien feu sans forme d'où courent des cris, ou bien lumière riche qui se répand, s'enroule et mugit, mais encore en apparence, cheval plus éclatant que la lumière, ou encore enfant porté sur le dos rapide du cheval, tout en feu, ou environné d'or, ou encore, nu, ou bien tirant de l'arc, et se tenant debout sur le dos du cheval; et tout ce que les logia ajoutent à la suite » [Sur le Polit., p. 379, cité dans Lobeck, Aglaophamus, p. 106).
« Pour les mêmes motifs, dans les plus saintes des télétés, avant la présence du dieu, des symboles de démons chthoniens apparaissent, et des spectacles qui troublent ceux que l'on initie... Aussi les dieux ordonnent de ne pas les regarder avant d'être fortifiés contre eux par les forces qui viennent des initiations » {Sur VAlcib., p. 39, édition Greuzer).
Plotin a quelques allusions :
« J'en ai assez dit sur les beautés sensibles, fantômes et ombres qui, s'échappant en quelque sorte, viennent dans la matière, l'ornent, et frappent d'effroi quand elles paraissent » {Ennéades, 1, 6, 3, édition Bréhier).
^st« ...ceux qui ayant rencontré des apparences de dieux ou de démons... » {Ennéades, I, 6, 7).
Ceux qui sont déjà initiés effraient ceux qui vont recevoir l'initiation, comme le fait savoir le scholiaste d'Aristophane :
a Avant les Mystères, ceux qui sont initiés effraient ceux qui vont recevoir l'initiation » {Oiseaux, 1631).
Nous pouvons penser que c'est eux et les mystagogues qui produisent les apparitions destinées à effrayer les mystes.
Mais il apparaît aussi que le myste est menacé par les épées et doit passer devant des gens qui ont l'épée à la main.
L'empereur Commode, dit un historien i, souilla les Mys-