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CHAPITRE VIII INITIATION A L'ÉPOPTIE

§ I. — Préliminaires.

Le myste peut, après un an d'intervalle au moins, parvenir au grade supérieur et devenir épopte.

Le lexicographe Suidas donne cette définition :

« Époptes. Ceux qui reçoivent les Mystères s'appellent au commencement mystes, et, un an après, époptes et éphores. »

Plutarque^ raconte comment Démétrius imposa aux Athéniens de l'initier en une fois à tous les degrés :

« Il écrivit qu'il voulait, aussitôt après son arrivée, être initié et recevoir les rites complets, depuis les Petits Mystères jusqu'aux époptiques. Or cela n'était pas peimis et ne s'était pas fait auparavant, mais les Petits Mystères se célébraient au mois d'Anthestérion, et les Grands, au mois de Boédromion. On avait l'époptie au plus tôt un an après les Grands Mystères. »

TertuUien, en parlant des Valentiniens 2, dit :

« C'est la turpitude qui est prêchée, alors qu'on affirme enseigner la religion. Car ces mystères d'Eleusis, qui sont eux-mêmes une hérésie de la superstition attique, ce qu'ils taisent, c'est une honte. C'est pourquoi, celui qui se présente, ils le maltraitent d'abord, ils initient plus longtemps, ils marquent la langue d'un sceau, lorsqu'ils établissent des époptes avant cinq ans, afin de bâtir la foi en laissant la connaissance en suspens, et afin de paraître ainsi présenter une chose d'autant plus majestueuse qu'ils ont excité la passion de connaître. Suit le devoir du silence. On conserve avec attention ce qu'on trouve lentement... »

D'après TertuUien, donc, l'intervalle entre les deux initiations, de cinq ans au début et en principe, peut se réduire à un an moyennant quelques épreuves supplémentaires : TertuUien dit que la langue est marquée d'un sceau; mais il y a peut-être d'autres conditions encore.

Or, c'est par un silence de cinq ans que les Pythagoriciens

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