‹ Les mystères d'Éleusis [microform]Chapitre 196 sur 290 · FONCTIONS RATTACHÉES AU GRADE · texte numérisé non relu

FONCTIONS RATTACHÉES AU GRADE

Le même texte d'Empédocle affirme que de cette catégorie sortent ceux qui deviennent des dieux; et cette idée transperce encore dans le vocabulaire mystique des chrétiens.

Clément d'Alexandrie dit, en effet :

« L'enseignement transforme l'homme... L'homme acquiert pour lui le fruit qu'il désire, la stabilité de l'âme...

De cette façon, l'homme déjà gnostique peut devenir Dieu : Et fai dit : Vous êtes Dieux et fils du Très-haut.

Et Empédocle aussi dit que les âmes des sages deviennent des dieux, écrivant à peu près ceci :

A la fin, des devins, des chanteurs d'hymnes, des médecins^ et des chefs sont créés pour les hommes terrestres; de là germent les dieux éminents en honneurs. »

Il fait une allusion à la façon dont cet homme est façonné,

« d'après le modèle du pneuma qui était né avec lui » et plus loin :

« Le Dieu est sans passion, sans thumos, et sans épithumia... Mystiquement donc, la parole pythagoricienne était dite pour nous aussi que l'homme doit devenir Un, puisque le chef des prêtres est un. Dieu étant un... » {Stromates, IV, 23, dans la Patr. Gr, de Migne, t. 8, p. 1357).

Or Plotin admet que les âmes sorties du monde de la génération sont au-dessus de la nature démonienne :

« Les âmes, qui sont venues au dehors, ont dépassé toute nature démonienne et toute fatalité de la genèse et tout ce qui est dans ce monde visible, tant qu'elles sont là-bas; et elles ramènent avec elles l'essence amie de la génération, essence qui fait partie d'elles et que l'on appellerait à juste titre l'essence qui est devenue visible dans le corps » (Plotin, III, 4, 6).

Par conséquent la théorie de Plotin est au fond identique à celle de Pythagore et d'Empédocle : l'âme remonte audessus de la genèse et elle fait remonter avec elle la partie inférieure de l'âme. Et par cette ascension elle acquiert une grande puissance.

Pour affirmer la parenté de la médecine et de la divination, de la médecine et de la musique, de la médecine

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et de la poésie, de la musique et de la divination, les documents ne manquent pas.

Voici d'abord pour la médecine et la divination (ou mantique) :

a La médecine et la maniique sont très parentes, puisque ces deux arts ont le même père, Apollon » (Hippocrate, Lettre à Philop,, p. 902).

« ApoUodore, dans le livre qui a pour titre Sur les Dieux, écrit qu'Esculape préside aux divinations et aux augures. Et cela n'a rien d'étonnant, puisque les sciences de la médecine et des divinations sont apparentées. Carie médecin connaît à l'avance les avantages et les inconvénients qui se produiront dans le corps, comme Hippocrate dit que le médecin doit savoir au sujet du malade ^... ce qui est, ce qui a été, et ce qui doit bientôt arriver, tout comme les divinations qui savent ce qui est, ce qui doit être, et ce qui est auparavant ^ » (Macrobe, Saturnales, I, 20, 5).

Le médecin grec sait que la musique peut éveiller, diriger, éteindre les mouvements du corps qui accompagnent les passions et les affections, et qu'elle peut mettre dans l'âme une harmonie pareille à celle du monde ^. Par conséquent la médecine utilise la musique :

A Épidaure, on chante des hymnes en les accompagnant de divers instruments *. Suivant Galien ^, Esculape conseille à ceux qui se sont trop échauffé le corps par des passions excessives, d'écouter la lecture d'un poème, d'entendre le chant d'un hymne, d'assister à la représentation d'une comédie. Et Pausanias ® nous affirme que les hymnes orphiques ont le pouvoir d'opérer certaines guérisons.

La médecine emploie aussi les formules magiques, les incantations, le sommeil et Ifes rêves, tous moyens agissant sur l'âme « irraisonnable ».

Machaon guérit Philoctète de sa blessure en lui procurant un sommeil salutaire par des formules magiques (Schol. Pindare, Pyth., I, 109. Tsetzès sur Lycophron, vers 911).

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