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Platon, Phèdre, 248 c

250 INITIATION HOLOCLÈRE

sia, c'est-à-dire le souffle d'âme, devient divin : l'âme devient « inspirée » de la divinité).

Quand l'âme veut se détourner de la matière, elle a beaucoup de peine; en effet, elle est attachée à la matière par les plaisirs que l'on trouve sur la terre, et ne s'en débarrasse qu'avec douleur; elle est venue pour libérer le monde et l'illuminer, mais elle s'est rendue esclave de ce monde :

a II n'est pas possible que l'âme se détourne de la matière sans rencontrer aucun mal. Aussi, ces bonheurs d'ici-bas, si célèbres, il faut croire que c'est un piège pour les âmes, trouvé par les éphores des choses d'en bas. Ainsi, quel breuvage d'oubli il y a pour les âmes qui sortent, qu'un autre le dise! Mais à l'âme qui entre dans la vie il est tendu un breuvage d'oubli, à savoir l'agrément et la douceur qui se trouvent ici-bas. Car, descendant d'ellemême comme mercenaire pour la première vie, au lieu de mercenaire, elle devient esclave » (Synésius, des Songes, au passage déjà cité).

L'âme, dans ce séjour terrestre, se souvient du séjour céleste et de l'éther, et désire y remonter :

« L'âme, tout affligée, regrette l'éther céleste, l'éther qui est de sa parenté; elle a soif et elle a le désir de la vie qui se passe là-haut et de la choreia (de la danse) qui s'y passe » (Platon, ou Ps. Platon, Axiochos, 366 a).

La chute de l'âme qui a perdu ses ailes, le délire, le séjour dans la région terrestre, dans les ténèbres et l'aveuglement, l'aspiration à fuir ce qui est sur la terre et autour de la terre, le désir de retourner dans la plaine de vérité, tout cela était déjà exprimé dans les vers du pythagoricien Empédocle :

« L'homme descend et tombe de la région bienheureuse, comme dit Empédocle le pythagoricien, fugitif de chez les dieux eî errant, obéissant à la discorde délirante; il remonte et reprend son ancien état quand il fuit ce qui est autour de la terre et le lieu sans agrément, dans lequel, comme il le dit lui-même, sont le meurtre et le ressentiment et les autres races de Kères, lieu dans lequel les hommes sont tombés pour errer dans la prairie d'Até, à travers les ténèbres. Le désir de celui qui fuit la prairie d'Até se hâte vers la prairie de vérité, prairie qu'il a quittée, précipité en bas par la chute de ses ailes, pour venir dans un corps terrestre, désormais privé de la vie bienheureuse » (Hiéroclès, Comm.sur les Vers dorés^ p. 186).

En résumé, si l'histoire mythique de l'âme représente ce qui se passe dans l'initiation — et nous pouvons le croire à cause de la concordance des philosophes, et parce qu'il est dit chez Macrobe, et suggéré chez Synésius qu'il y a là un secret — l'initiation comporte, dans sa première phase, les rites suivants :

Le nouvel initié, admis dans un chœur, en est séparé; les ailes qu'il avait lui sont enlevées; il est enchaîné, mais il entrevoit de temps en temps le séjour d'en haut; il désire y retourner et, pour cela, recouvrer la force de ses ailes.

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