Conducteur des Muses, c'est-à-dire Apollon
bien »; et des documents figurés montrent Dionysos avec des ailes ou encore Dionysos emporté sur un char ailé ^.
Au lieu de dire que les initiés sont emportés par leurs ailes, on peut dire qu'ils montent sur un char — comme l'enseigne Hermias dans le texte cité plus haut — , et l'expression « être monté sur un char » signifie parfois « être poète ».
« Mais, puisque nous ne sommes pas montés sur un char, et que nous n'avons pas les mêmes goûts que les poètes... » (Himérius, Discours, XXIX, 4).
On peut dire que toute âme a des ailes pour remonter, puisque toute âme a trois facultés, comparées au cocher et aux deux chevaux de l'attelage, et que par conséquent toute âme a le îhumos, la faculté ardente qui tend vers le haut; mais les âmes divines seules ont des ailes éveillées et prêtes à remonter :
a L'aile de l'âme, c'est la puissance qui fait remonter, laquelle se voit surtout dans le plus fort des chevaux; comme si, par une certaine superposition, nous l'appelions roue et, plus que cette même chose, cercle, parce qu'il est ami du beau et désire les intelligibles, et ne fait jamais d'efforts contre le cocher, mais tire droit avec lui ou se trompe avec lui.
L'autre cheval, c'est la puissance qui fait descendre et qui est productrice de genèse : elle appesantit vers la terre et fait des efforts contre le cocher.
Tous donc ont des ailes, car tous ont toutes les puissances, et le cocher et les chevaux. Mais, pour les âmes divines, les ailes sont toujours éveillées et agiles, et voilà pourquoi on les dit ailées {zxzptàxoi) et non ayant des ailes en dessous d'eux{u7:s'!:xzpoi).
Pour nos âmes humaines, nous n'avons pas toujours les ailes Jetées en avant, mais tantôt fermées et inactives... (lacune du texte)... nous avons leur puissance, car nous ne perdons jamais leurs puissances, mais nous n'en avons pas toujours l'activité... » (Hermias, Comment, sur le Phèdre, 246 A, édition Couvreur, p. 125-126).