La régénération
Le myste qui quitte le monde de la genèse pour parvenir au monde éthérien, s'enfonce dans le sein de Perséphone —
1. Ch. Picard, Dionysos Psilax ,dans les Mélanges Navarre,^. 317 et suiv.
264 INITIATION HOLOCLÊRE
assimilée à la Lune — et y reçoit une naissance nouvelle, s'il le mérite.
En effet nous savons que les hauts dignitaires sont fils de la Lune. Dans les poèmes orphiques, Musée est appelé « fils de la Lune porteuse de Lumière ^ ». Platon dit « Musée et Orphée descendants de la Lune et des Muses ^ ». Et les Mystères institués par Alexandre d'Abono tique ^, dont Lucien nous a rapporté l'histoire, comportent le mariage du prophète avec S éléné ou la Lune, mariage d'où naît une fille.
Porphyre, cité par Proclus, précise que la déesse envoie de la Lune des âmes à la fois sages et belliqueuses; ces âmes sont celles des mystagogues d'Eleusis, et les mystagogues sont de la même race que Musée :
« Porphyre, ayant supposé Athéna dans la lune, dit qu'elle envoie de là-haut des âmes qui ont à la fois de l'ardeur et de la douceur, et que c'est la raison pour laquelle les mystagogues d'Eleusis sont à la fois philosophes et philoptolèmes (belliqueux) : car la race de ceux qui à Eleusis dirigent les Mystères remonte à Musée, fils de la Lune; et Hermès est là, chez eux, près de la Lune, et la race des Céryces, dit-il » (Proclus, sur le Timée, 51 b).
Il faut donc que cette âme leur soit donnée le jour qu'ils deviennent mystagogues.
Gomment l'âme est régénérée dans la Lune, Plutarque l'explique ainsi :
« A la fin la lune les a reçues elles aussi (les âmes) dans son sein; alors le Soleil, ayant semé un autre Nous (un autre intellect), elle le reçoit par sa force vitale et rend les âmes nouvelles; et la terre fournit un troisième corps *. »
C'est un mariage du Soleil et de la Lune qui produit l'âme nouvelle, et cette âme va revêtir un corps nouveau.
Une inscription célèbre — dont le texte entier sera traduit plus loin — exaltant un défunt, raconte que son âme « s'est envolée du cercle pénible où règne la douleur pesante » qu'elle s'est élancée vers la couronne désirée, qu'elle s'est