Voir plus haut, p. 157, p
2. Pythagore est descendu dans l'antre de l'Ida en compagnie d'Epiménide (Diog. Laërce, VIII, 3); Apollonius de Tyane descend dans la grotte de Trophonios {-Philostrate, Vie (VApolL, VIII, 19).
Mais Platon ^ lui-même a révélé en termes positifs que la formule d'après laquelle l'âme est dans une prison est une formule des Mystères, et cette affirmation est reprise par Plotin :
« Platon dit que l'âme est dans les chaînes et qu'elle est ensevelie dans le corps, et la parole prononcée dans les Mystères, h àizoppiQTotç, que l'âme est dans une prison, il affirme que c'est une grande parole; et ce qu'il appelle la caverne, ce qu'Empédocle appelle l'antre, cela me semble être le Tout, puisque, la marche vers l'intelligible, il l'appelle délivrance des chaînes et ascension hors de la caverne » (Plotin, IV, 8, 1).
L'initié doit se débarrasser de ses chaînes pour remonter vers la région supérieure qui représente le monde intelli-
gible.
Du moins les auteurs grecs le disent-ils, soit en parlant du philosophe qui arrive à la perfection, soit en parlant du philosophe mort qui monte dans la région où il doit aller à cause de son initiation.
Dans le Phédon de Platon, il est répété plusieurs fois que le philosophe doit se libérer et se purifier.
Il est dit d'abord :
« Eux-mêmes (les philosophes) estimant qu'il ne faut pas agir contrairement à la philosophie, ni résister à la délivrance et à la purification qui vient d'elle, se tournant vers elle, la suivent où elle les conduit » (Platon, Phédon, 82 d).
Il est dit ensuite :
« La philosophie a pris leur âme (philosophes) quand elle était complètement enchaînée dans le corps et collée à lui, forcée d'examiner les êtres à travers ce corps comme à travers une barrière, et non pas par elle-même et à travers elle-même, tournant (/.uXiv- BoufjLÉvYjv) dans une ignorance complète. Et la force (^etvoTYjTa) de cette barrière, elle vit qu'elle tenait à Vépilhumia (à la force des passions), en sorte que l'enchaîné est celui qui contribue le plus à l'enchaînement » (Platon, Phédon, 82 d et suiv.)
« L'âme de l'homme philosophe... se garde bien d'imaginer que la philosophie va le délivrer et que, pendant cette délivrance, ellemême peut s'abandonner aux voluptés et aux chagrins pour qu'ils l'enchaînent de nouveau ; elle ne cherche pas à accomplir un travail