PL. VIII
Empereur romain nouveau Triptolème.
Ex-voto d'argent, d'après Robert von Scheider.
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agité du vent; là se trouvent, de la race d'or du grand Zeus, Minos et Rhadamanthe, les frères, là se trouve Éa que, le juste, là Platon, force sacrée, là le beau Pythagore, et tous ceux qui ont établi le chœur de l'amour immortel, tous ceux qui ont obtenu la communauté de famille avec les démons les plus fortunés; là le cœur s'adoucit sans cesse en des festins délicieux. Ah! Bienheureux! Quelles quantités de peines tu as supportées avant d'aller vers les saints démons, t'étant revêtu de vies très vaillantes!
Arrêtons le chant, et le cercle aux méandres gracieux du chœur de Plotin, Muses très joyeuses! Mais voilà ce que ma cithsre d'or a fait connaître à cet être à la belle vie. »
Ce texte peut s'interpréter de la façon suivante, semblet-il. Plotin s'est élevé depuis la condition d'homme jusqu'à celle de démon, c'est-à-dire qu'il est devenu l'égal des hiérophantes et des rois. Il a subi les épreuves de l'initiation royale.
Il a délié le lien qui le tenait au corps, et s'est séparé des membres où règne l'agitation des passions.
Il a reçu quelque breuvage ou quelque aliment, qui lui a donné de la force.
Il s'est élancé dans l'eau, pour arriver à la nage vers un lieu escarpé, loin d'un endroit de la rive où se tenaient une foule d'hommes (qui représentaient les non-initiés, ou du moins ceux qui n'étaient pas arrivés à un haut grade).
L'eau qu'il traversait avait des vagues, et des tourbillonnements, représentant les crimes qui abondent dans la société humaine, les impuretés, les colères, les révoltes
imprévues.
Dans l'obscurité où il était plongé, il recevait parfois un rayon de lumière pour se diriger. Mais il lui fallut plusieurs fois recommencer la traversée, car c'est seulement maintenant, après la mort définitive qu'il a pu s'en aller tout droit vers le séjour des Bienheureux.
Il devait arriver au bord, puis monter sur une élévation, au sommet de laquelle était un sanctuaire.
Plusieurs fois aussi il dut recommencer l'ascension : car il lui fallait avancer par des sentiers obliques, traverser des cercles, au milieu de l'obscurité que venait parfois dissiper un rayon descendu d'en haut,
Il eut sur les yeux quelque chose qui l'empêchait de voir. Il fut transporté, au milieu de l'obscurité. Mais il put cependant contempler des choses que ne contemplent pas les philosophes ou les prêtres.
On détacha ce qui l'enveloppait : nous devons supposer que c'est une peau de bête, comme la fin l'indique : et nous devons supposer aussi que ce qui empêche de voir, c'est cette peau de bête. — On le fît sortir de ce qui représentait le tombeau.
Alors les plus hauts dignitaires vinrent à sa rencontre. Il prit place au milieu des chefs de prêtres et des rois.
Mais auparavant il avait dû supporter des épreuves. Il avait dû se revêtir de vies très vaillantes, c'est-à-dire se revêtir de diverses peaux d'animaux.
Synésius, dans son traité VÉgypîien ou de la Providence, raconte comment Osiris devint roi ^ :
« Non loin de la grande ville de Thèbes, est un mont sacré; en face, est une autre montagne, et, au milieu des deux, le cours du Nil.
De ces deux montagnes, celle qui est en face est la Libyenne, et la loi veut que les candidats à la royauté, soumis au vote, y restent pendant les préparatifs, afin qu'ils ne puissent rien savoir du choix.
La montagne sacrée est la montagne égyptienne. Sur le sommet est une tente pour le roi, et près de lui sont tous les prêtres sages de la grande sagesse; et l'ordre comprend tous les dignitaires, distinguant les places suivant la dignité des iélélés. Ceux-là, autour du roi comme autour d'un cœur, forment un premier cercle; et un autre cercle, celui des soldats, suit celui-ci... Et une foule sur le rivage...
(Suit une description de la façon dont se fait le vote),
« Osiris, suivant le rite, restait sans bouger à la place où il était monté au commencement. ».
Son frère Typhon « se négligeant lui-même et négligeant les lois royales, se laissant aller dans le courant, emporté, nageant, faisant tout et supportant tout, tourné en dérision par ceux qui le voyaient, arrive de l'autre côté du fleuve. » Mais il est repoussé par tout le monde.
a Osiris venait, appelé, n'ayant fait aucune brigue. Les dieux,
I. De la Providence, I, 6, dans la Pair. Gr., t. 66, p. 1622.
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les prêtres, tous avee des babdelettes sacrées, et des flûtes sacrées, venaient à sa rencontre près du rivage où la barque devait aborder après avoir pris sur la rive libyque le nouveau roi. Du ciel aussitôt de grands signes...
Aussitôt donc qu'il était initié de l'initiation royale par les dieux et par son père, ils lui expliquaient clairement, comme le sachant très bien, ce que c'était que les abondances de biens, et lui enseignaient qu'il fallait se débarrasser de son frère, né pour apporter une mauvaise destinée aux Égyptiens et au foyer de son père, s'il voulait qu'il ne bouleversât pas tout... Ils lui expliquent la double nature des âmes et l'opposition nécessaire qu'ont ceux qui viennent de la terre et ceux qui viennent d'en haut... »
Synésius n'a, sans aucun doute, pas voulu raconter une histoire véritable : il ne peut être question de princes qui ont existé véritablement autrefois, ni de princes réels vivant à l'époque de Synésius; il s'agit du Roi, et de l'initiation royale.
Si l'on admet que Typhon, frère d'Osiris, représente le caractère humain du roi, et Osiris son caractère divin, on a une idée de l'initiation très voisine de celle que nous a donnée Porphyre:
Le futur roi se sépare de son corps, de ses passions, des agitations et des troubles qui remplissent la vie humaine; et ce qui indique tout cela c'est la traversée, par Typhon, du fleuve à la nage; — il arrive, transporté sur une barque; — il est reçu par les plus grands prêtres; — il monte au sommet d'une montagne.
Plutarque ^ a une allusion à l'initiation royale dans le le passage où il raconte l'histoire merveilleuse de Thespésios, qui s'était longtemps mal conduit et à qui l'oracle avait annoncé qu'il agirait mieux une fois qu'il aurait passé par la mort.
« Tombé de haut sur le cou, n'ayant pas de blessure ouverte, mais ayant seulement subi un choc, il mourut, et le troisième jour, au moment même des funérailles, il se releva. Bientôt rentré dans ses forces, et maître de lui-même, il montra un changement d'existence incroyable. Car les Ciliciens ne connaissent personne,