Homère, Iliade, XXIII
RITES d'initiation 343
terraine de la vie matérielle, faire remonter vers les rayons éthérés et établir dans les îles des Bienheureux ceux qui ont voyagé à travers tout ce que nous avons dit » (Hiéroclès, Sur les Vers dorés, p. 180, édit. Didot).
. Les traversées successives symbolisent des changements de vi.3, comme l'indiquent à peu près tous les textes précédents.
Il s'agit, en effet, pour le futur roi ou le futur hiérophante, d'acquérir un corps nouveau :
«Je leur exposais comment j'étais devenu pilote d'un grand navire quand mon âme s'occupait d'un autre corps », est-il dit dans Philostrate {Vie d'ApolL, VI, 21); et ce texte établit bien la corrélation qui existe entre la navigation et le changement du corps.
La navigation sur la mer et l'arrivée aux îles des Bienheureux symbolisent l'arrivée à un gouvernement et à une vie qui dépassent la vie humaine et la genèse, dit Olympiodore :
« Il faut savoir que les philosophes assimilent la vie humaine à la mer, à cause de son caractère troublé, productif, salé et pénible, et il faut savoir que les îles dominent la mer, étant plus élevées. Ainsi la politeia qui dépasse la vie et la genèse, on l'appelle Iles des Bienheureux. C'est la même chose que la plaine Élysienne. Voilà pourquoi il est dit qu'Héraclès accomplit son dernier travail dans les parties occidentales, ce qui signifie qu'il lutta contre la vie ténébreuse et terrestre, et qu'ensuite il vivait dans le jour, c'est-à-dire dans la vérité et la lumière » (Olympiodore, Schol. sur le Gorgias de Platon P. 192, édit. Alb. John, Jahrb. f. Ph. und Pâd., Suppl. 14, p. 534-535).