‹ Les mystères d'Éleusis [microform]Chapitre 274 sur 290 · Philon, Sur la migration d'Abraham, 31, I · texte numérisé non relu

Philon, Sur la migration d'Abraham, 31, I

RITES d'initiation 345

Un oracle ^ a été donné au sage en ces termes : Monte vers ton Seigneur, toi et Aaron et Nadab et Abioud et soixante-dix du Sénat d'/sraë/ 2. Cela signifie : Monte, ô mon âme, vers la contemplation du réel, dans l'harmonie, suivant la raison, volontairement, sans crainte, avec affection, en accord avec les nombres saints et parfaits de l'hebdomade décuplée. En effet Aaron est appelé prophète de Moïse dans les Lois, logos qui crie en prophétisant par le raisonnement; Nadab signifie celui qui agit de plein gré, celui qui honore le divin sans y être contraint par force; Abioud signifie « mon père » c'est-à-dire celui qui a besoin non d'un maître, parce qu'il manque de sens, mais, parce qu'il est plein de sens, d'un père, d'un dieu qui le dirige. Telles sont les puissances doryphores ^ de celui qui est digne de régner, les puissances qui marchent avec le roi en lui faisant cortège. En effet il faut craindre de monter vers le spectacle du réel quand l'âme va par ellemême, qu'elle ignore la route; qu'elle a été poussée vers le haut par l'ignorance et en même temps la hardiesse; car elles sont terribles, les chutes amenées par l'ignorance et l'excès de hardiesse. Aussi Moïse souhaite-t-il de se servir de Dieu lui-même comme conducteur vers la route qui conduit vers lui-même, car il dit : Si toi-même tu ne viens pas avec moi, ne m^ emmène pas d'ici *. Aussi tout mouvement qui se fait sans la divine prudence ^ est-il blâmable, et vaut-il mieux rester ici, errant dans la vie mortelle, comme la plus grande partie de la race humaine, que de se hausser soi-même vers le ciel par fanfaronnade, pour retomber ensuite, comme il est arrivé à des milliers de sophistes qui crurent que la sagesse était la découverte de discours persuasifs et non pas la croyance très véritable des choses.

...Mais celui qui suit Dieu emploie nécessairement comme compagnons de route les logoi qui l'accompagnent, les angres, suivant le mot usuel. Car il est dit qu'Abraham allait avec eux leur faisant cortège ^. O très belle égahsation, suivant laquelle celui qui accompagne est accompagné, donnant ce qu'il recevait, non une chose à la place d'une autre, mais la chose même qui seule est prête pour être échangée. Car, tant qu'il n'est pas initié ', il se sert, comme conducteur de la route, du logos divin, car il y a un oracle ^ : Voici que j'envoie mon ange devant ta face, afin qu'il te garde dans la route, afin qu'il te conduise dans la terre que je t'ai préparée. Attache-toi à lui et écoute-le; ne lui désobéis pas;

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