DÉMÉTER CONSOLÉE PAR LA MUSÏQUE ET LE LOGOS
Oxybaphon trouvé près de Lentini.
(Otto Bendorf, Griechische und Sicilisehe Vasenbilder, pi. XXXX.)
pide 2 : pour apaiser Déméter irritée, Zeus lui envoie les Charités (les Grâces) et les Muses qui doivent chanter devant elle; Gypris prend les cymbalons et les tympanons; alors la déesse rit et reçoit la flûte.
1. Le mythe de Baubo a son correspondant dans un mythe japonais : la grande déesse du Soleil s'est cachée dans une grotte et ne veut plus reparaître; une déesse danse devant la grotte; puis elle se dévêt jusqu'aux parties sexuelles; les dieux rient et la grande déesse sort (voir surtout : Matsumoto, Recherches sur quelques thèmes de la mylh. japonaise, p. 21-22).
Mais il a aussi son correspondant dans une anecdote égyptienne : Ra- Harakhti, le Maître de l'Univers, a été insulté; il se retire dans son pavillon et y passe tout un jour, étendu sur le dos, seul; la déesse Hathor arrive; dressée devant son père elle dévoile la partie la plus secrète de son corps; Ra-Harakhti alors éclate de rire et se réconcilie avec les dieux (voir, par exemple, I. Lévy, Autour <Vun roman mythologique égyptien, Mélanges Cumont, t. I, p. 819), "^
2. Euripide, Hélène, 1338 et suiv. — Chez les Japonais, forme analogue du mythe : la déesse Amatérasou s'est réfugiée dans une caverne, parce
88 PRINCIPE DE l'initiation
D'après une autre version, Déméter boit, sur l'ordre de Zeus, une potion contenant du pavot ^. On peut dire encore ceci : Mismé, qui reçoit Déméter en Attique, lui donne un breuvage contenant du pavot et de la farine que la déesse boit volontiers; mais elle s'irrite contre Ascalabos, fils de Mismé, qui se moque d'elle, et elle le transforme en lézard ^. Ou bien la déesse boit le pavot et s'endort ^.
Voici le mythe raconté à Phigalie : Zeus envoie vers Déméter, cachée dans une caverne, les Moirai ou Parques, la déesse, persuadée par elles, dépose sa colère et se relâche de son chagrin *.
Chaque ville grecque, sans doute, aime à se représenter Déméter, à la recherche de sa fille, venant chez le roi du pays; on la voit reçue ainsi par Athéra et Mysios en Argolide ^, par Prométhée et Aethnios en Béotie 6, Pélasgos à Argos ', Trisaulés et Damithalès à Phénée d'Arcadie ^...
Elle est venue à. Eleusis, chez le roi et la reine, Dusaulès et Baubo suivant Palaephatos ^, Hippothoon suivant d'autres ^°, mais, suivant la plupart, Céléos.
Avant d'arriver, la déesse s'assied près d'un puits, le
qu'on lui a volé son cheval; le riz, les plantes, les arbres, les hommes vont périr; alors on frappe de longs morceaux de bois l'un contre l'autre, on fait vibrer les cordes des arcs; c'est la première musique; Ouzoumé danse et la musique des dieux accompagne ses mouvements; les dieux rient et la déesse sort (Paule Riversdale, Netsuké, 1904, p, 79 et suiv.).
Une légende analogue avait cours chez les Pawnies, tribu de l'Orégon (voir Go blet d'Alviella, Eleusinia, p. 49 et suiv.; P. Foucart, Mysl. d^EL, p. 120). Manabozho a perdu son frère, noyé par les Manitous. Il se lamente, il fait la guerre aux Manitous, il plonge le pays dans la terreur; il se barbouille le visage de couleur noire. Certains Manitous qui n'ont pas participé à la mort viennent s'entremettre. Ils construisent une loge sacrée. Ils préparent un festin. Manabozho boit une liqueur qui fait envoler sa mélancolie. Ils commencèrent alors leurs danses et leurs chants. Manabozho fut guéri; il mangea, dansa, chanta et fuma la pipe sacrée. C'est de cette manière que furent inventées les grandes danses-médecines. Puis Chibiabos, le frère de Manabozho, est rappelé à la vie; il doit veiller sur le pays des âmes et régner sur làHerre des morts.