Voir plus loin, notamment ch. X et XL
2. Salluste le Philosophe, Des Dieux, ch. XXI, trad. Mario Meunier.
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Sur terre, l'âme pénètre dans un corps, né de la terre.
Ainsi l'homme qui vit ici-bas peut être compris comme étant une Pensée qui s'est enveloppée de vêtements de plus en plus matériels.
On peut se représenter encore l'homme vivant sur la terre comme ayant en lui un Nous (une Pensée), une Ame, un Corps : le Nous étant dans l'Ame et l'Ame dans le Corps.
On conçoit l'Ame comme primitivement simple, puis passant à la multiplicité.
L'Ame, peut-on dire, a trois facultés. Nous, ihumos (ardeur vitale qui siège dans le cœur), épiihumia (faculté de désirer et de sentir, appelée chez les poètes phrène ou phrèneSj et qui siège dans le foie ou vers le foie); alors, dans le corps multiple, des forces ou souffles transportent les actions et réactions diverses : le souffle de pensée transporte par les nerfs les ordres de la pensée; le souffle de vie transporte par les artères l'ardeur vitale; un souffle humide distribue les éléments nutritifs ou les désirs, répulsions...
On conçait aussi l'âme comme composée de sept facultés, ou huit facultés, ou de nombreuses puissances diverses.
Tant que l'âme reste enfermée dans le corps, et que la pensée est unie à l'âme seconde, l'homme est sujet aux passions et à la souffrance, car les mouvements qui montent de Vépiihumia peuvent dominer l'ardeur de l'âme et la pensée; il est sujet à l'ignorance, car le cours de V esprit peut être gêné ou obstrué. Il est comparable à la truie plongée dans le bourbier, à l'huître attachée au sol d'une île, au cadavre enfermé dans le tombeau, au coupable châtié pour ses fautes, au prisonnier attaché dans une sombre caverne, à l'exilé écarté de sa patrie véritable. ..
La mort doit le délivrer. Il remontera vers la région supérieure en se dégageant plus ou moins vite des influences funestes, en se purifiant des souillures contractées ici-bas. Il reviendra à l'unité et se réunira d'une union intime avec la Pensée divine et éternelle.
En réalité l'âme humaine est issue du Nous (ou Intellect) qui est unique, le Nous étant lui-même un développement de ce qui est supérieur au Nous.
98 PRINCIPE DE l'initiation
L'âme humaine doit revenir s'identifier au Nous et à ce qui est au-dessus du Nous, mais en amenant avec elle tout ce qui est primitivement chaos, obscurité, trouble, confusion.
Les âmes humaines, qui ont toutes la même origine première, ne sont pas cependant toutes parties de la même hauteur pour entrer dans la vie actuelle. Elles ne sont pas venues de la même façon; certaines semblent descendues volontairement pour perfectionner et illuminer lé monde; d'autres semblent avoir été précipitées par suite d'une faute et avoir cette faute à expier, mais toute âme est susceptible d'éclairer la matière et toute âme est diminuée par son contact avec le corps. Les âmes humaines ne viennent pas dans des corps pareils, certains corps étant plus grossiers, d'autres ayant déjà quelque chose de divin...
Et le retour qui s'accomplit après la mort n'est pas le même; il peut demander plus ou moins de temps, il peut comporter des vicissitudes diverses. Mais le but final reste le même.
L'homme vit dans une cité et dans un monde : la cité et le monde doivent eux aussi parvenir à la perfection.
Cet état de perfection est préparé dès la vie actuelle par la religion et les initiations.
L'initiation en effet ressemble à la mort, c'est-à-dire au retour de l'homme vers ses origines; se faire initier, c'est apprendre à mourir, c'est-à-dire apprendre à remonter vers la lumière; ou, pour parler encore d'une autre façon, c'est mourir d'une mort symbolique, par laquelle on quitte ce qui est imparfait.
L'âme est descendue de plusieurs degrés dans sa progression vers la vie matérielle; elle doit remonter ces divers degrés pour regagner le lieu d'où elle est partie et y faire remonter avec elle les éléments hétérogènes. Voilà pourquoi l'initiation comporte plusieurs degrés successifs.
La cité et le monde doivent finalement se confondre dans la perfection de l'unité. Or les initiations procurent les moyens; de ramener dès cette vie la cité et le monde vers un état
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meilleur. Elles font des citoyens meilleurs, de meilleurs laboureurs, de meilleurs chefs de cités; elles font des époux, elles font des chefs ou conducteurs : médecins, poètes, prêtres, philosophes, législateurs...
La théorie générale des Mystères éleusiniens ne se trouve, certes, exposée clairement et distinctement chez aucun auteur grec.
Il nous faut la reconstituer en ajustant ensemble divers documents, et rétablir la doctrine point par point.