De la musique, III
l'ame humaine 101
Il raconte comment l'âme quitte le séjour d'en haut : « ...Les âmes bienheureuses, libres de tout contact avec n'importe quel corps, possèdent le ciel. Mais celle qui a pensé, par un secret désir, à l'appétence de ce que nous appelons sur la terre la vie, regardant du haut de cet observatoire élevé (ab illa spécula allissima) et de cette lumière perpétuelle, s'enfonce peu à peu, par le poids même de la pensée terrestre, vei s les lieux inférieurs. Elle ne s'enfonce pas tout d'un coup de l'incorruptibilité parfaite dans un corps de boue, mais, peu à peu, par des pertes secrètes (per iacila delrimenla) et par un éloignement progressif de la pureté simple et absolument sans tache, elle se gonfle en recevant pour ainsi dire les accroissements d'un corps sidéral (in quaedam siderei corporis incrementa iurgescii) ; en effet, dans toutes les sphères qui sont en dessous du ciel, elle se revêt d'un vêtement éthéré (aelheria obvoluUone vesiiiur), de telle sorte que, par elles, peu à peu elle se rend apte à la société de ce vêtement ostréique (ut per eas gradatim socielali hujus indumenti îesîei concilieiur) et ainsi, par autant de morts qu'elle traverse de sphères, elle arrive à ce qu'on appelle sur les terres la vie » (Songe de Scipion, I, 10).
Il décrit les portes du ciel, qui sont sur la Voie Lactée : « Par ces portes, suivant la croyance admise, les âmes vont du ciel sur les terres et des terres au ciel » {id., ibid., I, 12). Il précise ensuite :
« De là, c'est-à-dire de la limite où le zodiaque et le lactée se touchent, l'âme descend, et alors coule de la forme ronde, qui est la seule forme divine, à la forme conique; elle s'étend, de même que la ligne naît du point et avance de l'indivision vers la longueur; de son point qui est la monade, elle vient vers la dyade qui est la première extensioîi en avant. Et ceci est l'essence que Platon, dans le Timée, a appelée indivisible et divisée, lorsqu'il parlait de la fabrication de l'âme du monde : les âmes du monde et des hommes apparaîtront tantôt comme ignorant toute division, si l'on pense à la simplicité de la nature divine, tantôt comme multiples, quand la première se répand dans les membres du monde, la seconde dans les membres du corps humain. L'âme donc, quand elle est attirée vers le corps, dans cette première extension d'ellemême commence à ressentir le tumulte de la matière, c'est-à-dire I'uXtjv influant sur elle. Et c'est ce que Platon a marqué dans le Phédon, que l'âme est entraînée vers le corps trépidante d'une ivresse nouvelle, voulant signifier le nouveau breuvage, produit par un afflux de la matière, qui l'imprègne et l'alourdit, puis l'entraîne. Comme marque de ce secret^, il y a le cratère astral de Liber le Père, placé dans la région qui est entre le Cancer et le Lion,