Platon, Phédon, 108 a
Pour les stoïciens, nous avons l'affirmation de Julien :
« On ordonnait à ceux du Portique d'être pieux envers les dieux, d'être initiés à tous les Mystères, et d'être perfectionnés par les plus saintes iélélés » (Julien, Discours^ 108 a).
Le secret des Mystères, comme le secret de la philosophie, de la science ou de la médecine..., se justifie dans l'idée des Anciens, par les motifs suivants :
La nature aime à se cacher, et la vérité ne s'aperçoit pas sans effort et sans travail; ceux donc qui ont trouvé cette vérité ne doivent pas la dévoiler trop facilement aux autres et l'exprimer en termes trop clairs.
La vérité, divine par nature, et qui communique une grande puissance à ceux qui la possèdent, dépasse de beaucoup les hommes vulgaires et vils; ceux-ci non seulement ne méritent pas de la posséder, mais encore pourraient la mépriser s'ils l'obtenaient sans peine : il faut qu'on la tienne loin d'eux. La vérité dépasse même les hommes ordinaires : il ne faut la communiquer qu'à des gens bien préparés et bien éprouvés.
Le secret donne du prix aux enseignements reçus et fait, que les initiés s'y attachent davantage.
« La nature aime à se cacher » (Julien, Discours, VII, 216; Phi- Ion, de Profug., 480 b).
« De même que la nature enlève aux sens vulgaires des hommesla compréhension de son essence véritable, en se recouvrant et en. s'habillant d'apparences variées, ainsi elle a voulu que ses secrets fussent exposés, par ceux qui les connaissent, sous forme de fables;; ainsi encore les mystères sont recouverts par les symboles des figures ^ pour que les adeptes eux-mêmes ne trouvent pas devant eux l'essence toute nue de cette nature, mais seuls les hommes de très haut grade, qui, suivant les interprétations de la sagesse,, prennent conscience de la vérité secrète, et pour que les autres se contentent de vénérer des figures qui protègent le secret contre l'avilissement » (Macrobe, Songe de Scipion, 1,2).
« L'âme humaine, dans sa hardiesse, estime moins ce qui est à
1. La métaphore est empruntée aux cérémonies mêmes des Mystères : les initiés ordinaires voyaient des statues voilées ou habillées, alors que> les hauts dignitaires pouvaient voir les statues toutes nues; le vêtement, des statues est comparé aux figures qui recouvrent la vérité.