Grégoire de Nysse, De Pâme, Pair, gr., t. 45, p
Dans Tinitiation royale, en particulier, l'initié semble revêtir successivement des vies diverses.
Les initiations, comme toutes les cérémonies de la religion, comportent des symboles et des rites symboliques nombreux.
La mort de l'âme et sa renaissance sont symbolisées par le blé jeté en terre et mourant pour renaître i. En effet la déesse Proserpine est à la fois la puissance par laquelle le grain jeté en terre meurt, puis produit une plante nouvelle, la puissance par laquelle l'âme quitte son séjour élevé pour venir sur la terre et par laquelle elle revient à son premier séjour, la puissance par laquelle l'homme meurt pour renaître.
En général le sort de l'âme est analogue au sort du blé, la culture de l'âme analogue à la culture du blé.
« Un seul salut, pour Vame est tendu par le démiurge. Quittant le cercle de la génération, et les égarements perpétuels et la vie inachevée, il faut que l'Ame coure en haut vers l'aspect intelligible et qu'elle fuie tout ce qui nous a été ajouté par la naissance.
L'âme, jetée dans l'ensemencement qui amène la naissance, à la façon d'une graine, doit rejeter l'espèce de paille et l'espèce d'écorce qu'elle tient de la naissance, et, se purifiant de tout ce qui l'entoure, devenir fleur et fruit intelligibles, quitter la nourriture qui consiste dans l'opinion pour choisir la vie intelligible, et au lieu du mouvement qui la fait Vagabonder sans cesse d'un côté à l'autre, poursuivre l'activité pure et simple, qui fera qu'elle
1. « Il existe — a fort bien dit Chartes Lenormant — entre la production du blé et les doctrines mystiques d'Eleusis, un rapport intime et profond. Ce rapport... reçoit de l'étude du Rituel funéraire égyptien une lumière inattendue. C'est là qu'on apprend que la science est aussi nécessaire que la vertu pour assurer la destinée bienheureuse de l'àme humaine, et le travail
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par une série d opérai à la science, condition de la béatitude... » (Mémoires de VAcad. des Inscriptions et Belles Lettres, XXIV, 1, p, 413-414). Les enfants peuvent être appelés « épis » ra'/.uic (Martin P. Nilsson, Die eleusin. Oollheilen, Arch. fur Religionsw., 1933, p. 118).
se transportera seulement en elle-même » (Proclus, Sur le Timée de Platon, 330 a-b).
Mais les cérémonies des Mystères comportent la reproduction des travaux de l'agriculture.
Il apparaît par les rites mystérieux d'Eleusis, dit Plutarque, que les anciens semaient avant le coucher des Pléiades, c'estxà-dire au mois Boédromion l : les rites mystérieux d'Eleusis ont donc un rapport étroit avec l'agriculture. Les Palria Eumolpidon, ou cérémonies traditionnelles des Eumolpides, nous est-il dit par ailleurs 2, donnent des préceptes sur l'agriculture, sur la tenue des arbres fruitiers et sur l'élevage des bestiaux.
Triptolème, le héros des Mystères, a enseigné la manière d'atteler les bœufs 3; il a labouré, et ensemencé les terres *; la plaine de Rharion,près d'Eleusis, a été le lieu du premier ensemencement 6, Triptolème a le premier foulé les grains sur une aire de l'Attique 6. ,
Et c est Triptolème qui a porté par le monde entier l'agriculture et la civilisation. Là-dessus non seulement les auteurs grecs ou latins ont' fourni des témoignages nombreux, mais les documents archéologiques sont clairs :
A Eleusis un grand bas-relief représente Déméter remettant à Triptolème, en présence de Perséphone, le grain de blé qu'il doit semer 7. Et divers monuments figurés de la Grèce antique nous font voir Triptolème assis sur son char, emportant une poignée d'épis.
Or tous ces mythes sont repris par les cérémonies d'Eleusis.
Il y a un labourage sacré à Eleusis 8.
On vanne le blé; et les Mystères comportent l'emploi du van ou licnon :
1. Plutarque, d'après Proclus, Cornm. sur Hésiode, Travaux et Jours, 38'J.
2. Voir Diclfonn. des Antiquités, art. Gérés; Cicéron, A Alticus, I, 9.