Jamblique, Vie de Pythagore
santé du corps 1. Il jouait de la lyre le soir, et quand il voulait apaiser les mouvements trop violents de son âme 2. Et de même le pythagoricien Glinias jouait de la lyre pour calmer sa colère 3.
Les Pythagoriciens préconisaient l'emploi de mélodies différentes pour corriger telles ou telles passions différentes, et en particulier quand il s'agissait d'apaiser l'âme ou de l'exciter 4; et cette doctrine fut suivie par Posidonius et Platon, au témoignage de Galien 5, par Jamblique 6, par Quintilien 7 et d'autres 8.
Platon, dans le Timée, définit ainsi l'effet de la Musique :
« L'harmonie, consistant en mouvements de même nature que les transports de notre âme, ne paraît pas, à ceux qui cultivent sagement les Muses, avoir comme seule utilité... de procurer un plaisir irraisonnable. C'est à cause des transports désordonnés qui peuvent exister dans notre âme, afin que cette âme ait une alliée pour ramener en elle-même le bon ordre et la concorde, que l'harmonie nous a été donnée par les Muses. Quant au rythme, c'est le manque de mesure et de grâce dans lequel se trouvent la plupart des hommes qui a excité, de la même façon, les Muses à nous le donner » (Tim., 47 d).
et dans le Phèdre :
P « La troisième espèce de possession divine et de délire vient des Muses : ce sentiment s'empare de l'âme encore tendre, où rien n'a encore pénétré, l'éveille et la met en mouvement par les odes et toute autre poésie, et, embellissant d'innombrables actions des Anciens, forme ceux qui viennent ensuite » (Platon, Phèdre, 245 a).
Aristote a dit :
« Certains hommes sont sous l'influence de quelque fureur
divine, mais, lorsqu'ils écoutent une musique sacrée, où l'on