‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 114 sur 300 · Quintilien, IX · texte numérisé non relu

Quintilien, IX

8. Aristide Quintilien, II, 97. Sur la purification par la musique chez les Pythagoriciens, voir : Delatte^ Etudes sur la littér. pythag., Paris 1915, p. 262; R. Eisler, Orphisch. dionysischen Gedanken, p. 68 et suiv.; . PM. Schuhl, Essai sur la form. de la Pensée grecque, p. 251; Boyancé, LeCulte des Muses..., p. 103.

emploie les airs qui ôtent à l'âme son délire, ils en ressentent une sorte de calme, qui est comme la guérison et la purification de l'âme. II en est de même des hommes sujets à la pitié, à la crainte, en général à quelque passion; il en est de même des autres hommes dans la mesure de leur caractère. Tous sont purifiés et agréablement débarrassés; ainsi les chants qui purifient l'âme nous causent-ils un plaisir sans danger » (Aristote, Polit., VIII, 7).

Des philosophes comme Plutarque ou Maxime de Tyr, ou Gicéron, ou Quintilien, ont suivi les théories antiques :

« ...la musique et la géométrie qui travaillent avec la philosophie et savent avec elle » (Maxime de Tyr, 37, 3).

« L'harmonie véritable, que chante le chœur des Muses, à laquelle préside Apollon Musagète, a le pouvoir de sauver une âme, de sauver une maison, de sauver un navire, de sauver une armée » (Maxime de Tyr, 37, 5).

<c La musique humaine, qui touche à notre âme, qu'est-elle, sinon la conductrice de ses affections diverses, calmant ce qui s'emporte et s'élève trop, soulevant et excitant ce qui se relâche et se dissout? Elle est habile à adoucir la plainte, habile à émousser la colère, habile à retenir le ihumos, bonne à mettre la santé dans Vépithumia1, à guérir le chagrin, à consoler l'amour, à alléger l'affliction; elle est une bonne auxiliaire dans les sacrifices, une bonne compagne dans les festins... » (Maxime de Tyr, 37, 5).

« ...La musique... à ces époques reculées fut non seulement cultivée, mais vénérée, à un tel point que les mêmes hommes étaient considérés comme musiciens, poètes et sages, Orphée et Linus entre autres, tous deux issus de dieux, et dont le premier, parce qu'il adoucissait en les émerveillant les esprits sauvages et incultes, eut la réputation d'avoir entraîné non seulement les bêtes sauvages, mais encore les roches et les forêts. » (Quintilien, I, 10).

« Il y avait chez eux (les Pythagoriciens) des mélodies faites pour les passions, d'abord pour le manque d'ardeur et la douleur, et alors c'étaient les mélodies les plus énergiques qui eussent été inventées, ensuite il y en avait d'autres pour l'emportement et l'ardeur : grâce à ces mélodies ils tendaient ou relâchaient ces passions jusqu'à ce qu'elles fussent ramenées à la règle, les rendant conformes à la virilité » (Jamblique, Vie de Pylh., 224).

Pour Aristide Quintilien, non seulement il a suivi les doctrines des Anciens, mais son livre sur la Musique contient beaucoup de détails que nous ne retrouverions pas ailleurs,

1. La faculté de l'âme principe des passions et des sentiments.

Et l'on pourrait donner de nombreux autres témoignages, depuis celui d'Euripide qui fait dire aux femmes du chœur, dans Médée :

« Pour nous aussi il est une Muse qui vient vers nous en vue de la sagesse » (Euripide, Médée, 1085-1086),

jusqu'à celui du commentateur d'Homère :

« Les muses sont les déesses qui se tiennent en avant de la raison » (Scholiaste d'Homère, édition Dindorf, t. IV, p. 233).

La religion grecque utilise comme symboles les êtres animés, les nombres et les figures.

Les êtres vivants ont des qualités, des vertus ou des puissances qui découlent du même principe que celles des hommes et par conséquent les représentent exactement.

Le lion est roi des bêtes sauvages 1; il symbolise, dans les Mystères de Mithra, les mystes les plus élevés 2, et dans les Mystères d'Eleusis, semble-t-il, de même 3; le grand héros comme Héraclès ou Achille est dit, déjà par Homère, « lion par son courage 4 ».

L'aigle est le roi des animaux qui volent 5; il est « le plus parfait des oiseaux 6 », « le plus fort et le plus rapide des oiseaux 7 »; il est l'oiseau de Zeus 8, l'oiseau du Roi9; il porte dans le ciel l'âme du Roi ou du grand homme assimilé au Roi 10.

Le dragon11 est le roi des animaux qui rampent12. Il est symbole du renouvellement et de la renaissance13, comme

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