Ibid., I, 5, p
§ I. — Hiérarchie éleusinienne.
Si l'âme a plusieurs étapes à franchir en son retour vers l'origine céleste et l'origine divine, l'initiation, qui représente cette ascension, doit comprendre plusieurs degrés.
Chaque degré nouveau doit correspondre à une dignité supérieure : « Les morts les plus grandes obtiennent les destinées les plus hautes », déclare Heraclite 1 sous une forme énigmatique, ce qui signifie sans doute que les initiations les plus hautes amènent des morts plus complètes, c'est-à-dire rapprochent plus que les autres de la destinée finale 2.
Chacun, après la mort, obtient le rang correspondant à celui qu'il avait pendant la vie :
« Tel chacun se trouve au moment où il sort (du corps) tel est le rang qu'il occupe là-haut; voilà pourquoi il ne faut pas faire sortir l'âme tant qu'il y a possibilité de progrès 3. »
Sur les divers degrés possibles des initiations, les auteurs grecs ne s'expriment jamais avec clarté et avec la volonté de tout dire : ils distinguent plusieurs degrés, mais jamais tous les degrés ensemble — du moins les auteurs qui parlent des initiations aux vrais Mystères grecs — souvent ils attribuent des appellations diverses à un même grade.
Mais en cherchant à concilier leurs données, en les complétant les unes par les autres, nous pouvons apprendre qu'il existe trois degrés pour la masse des initiés :
initiation aux petits Mystères, ou purification;
initiation aux grands Mystères;
époptie;
1. Heraclite, fragment 25, dans Diels, Fragmente der Vorsokraiiker. 5« édition, I, p. 86.