Voir le texte cité plus haut, p
* Tous les hommes, dit Théon de Smyrne, ne peuvent pas indistinctement participer aux Mystères : il en est à qui l'on ordonne de s'en écarter, comme ceux qui n'ont pas les mains pures, qui n'ont pas une parole compréhensible; pour ceux-là mêmes qu'on n'écarte pas, ils doivent obtenir auparavant une purification1. »
L'examen, d'après ce texte, porte donc sur deux points principaux : le candidat n'a-t-il aucun crime à se reprocher? Comprend-il et parle-t-il la langue « attique »?
Pour d'autres textes, nous ne savons pas s'ils concernent la prorrésis ou proclamation préliminaire aux Grands Mystères, ou la proclamation qui précède l'initiation aux Petits Mystères :
« Ces gens-là (les Athéniens), dit Libanius, ordonnent à tous les mystes réunis d'être purs dans leurs mains, dans leur âme, d'être Hellènes pour la langue; puis à chacun en particulier ils disent : si tu as goûlé du pain et si tu n'a pas goûté du pain, tu ne te présentes pas en état de pureté 2 »;
Aristide le Rhéteur, désirant s'approcher de la philosophie platonicienne, et se comparant à celui qui veut se faire initier 3, dit : « Notre langage ne s'oppose pas à ce que nous puissions recevoir sa philosophie, aucune prorrésis ne nous éloigne, même si c'est une prorrésis comme celle des Mystères; et, pour notre vie, ceux qui nous ont éprouvés savent qu'elle n'est pas en discordance avec la pensée de ce philosophe-là. »
Mais il semble évident qu'on écarte les criminels des Petits Mystères comme des Grands Mystères, comme des Mystères de Samothrace, comme de toute cérémonie sainte.
Chez Tite Live, L. Atilius reproche en ces termes aux gens de Samothrace d'avoir reçu un roi instigateur de crime :
« Pourquoi donc... alors que toute proclamation initiale (praefaiio) des cérémonies sacrées éloigne de ces cérémonies ceux qui n'ont pas les mains pures, permettez-vous que vos sanctuaires soient souillés par le corps sanglant d'un brigand? » (Tite Live,