‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 170 sur 300 · MYSTÈRES DE MITHRA · texte numérisé non relu

MYSTÈRES DE MITHRA

je dormais en plein air sur l'herbe; et lorsque il y eut assez de cette manière de vivre, vers le milieu de la nuit, il me conduisit au fleuve du Tigre, me purifia, me frotta, me sanctifia tout autour avec des torches, de la scille, et d'autres choses encore, tout en murmurant cette incantation, ensuite m 'ayant ensorcelé et ayant fait le tour de ma personne, afin que les fantômes ne me fissent point de mal, il me ramena à la maison. » (Lucien, Ménippe, chap. 6, cité dans F. Cumont, Textes et Monuments relatifs aux Mystères de Milhra, tome 2, p. 22).

§ I. — Préliminaires.

Un intervalle de six mois sépare les Grands Mystères des Petits Mystères.

Les Grands Mystères se célèbrent pendant le mois athénien de Boédromion (août-septembre), avec beaucoup plus d'éclat que les Petits Mystères.

«Ce n'est point au hasard, dit Julien1, mais par des motifs fondés en raison et en réalité que les anciens ont fixé les époques de ces cérémonies. La preuve en est que la déesse elle-même a pour domaine le cercle équinoxial. Or, c'est sous le signe de la Balance que s'exécutent les Mystères augustes et secrets de Déméter et de Coré. Et c'est tout naturel. II est juste de rendre un culte solennel au dieu qui s'éloigne, et de lui demander qu'il nous préserve de la puissance impie et ténébreuse. Aussi les Athéniens célèbrent-ils deux fois les Mystères de Déo : les Petits Mystères lorsque le Soleil est dans le Bélier, et les Grands Mystères quand il est dans les Pinces. J'en ai dit la raison tout à l'heure. Quant à la distinction entre les Grands et les Petits Mystères, je crois que, entre autres motifs, le plus plausible, c'est qu'il convient d'honorer plus le dieu lorsqu'il s'éloigne que lorsqu'il se rapproche. Aussi les Petits ne sont-ils qu'une sorte de commémoration, attendu que le dieu sauveur et attracteur des âmes étant, pour ainsi dire, présent, on ne peut que préluder à la célébration des rites sacrés, après lesquels viennent, au bout de quelque temps, les purifications continues et les abstinences consacrées; mais, lorsque le dieu se retire vers la zone antichthone, alors, pour la garde et le salut commun, on célèbre le plus important de tous les Mystères. Remarquez que, comme alors s'opère le retranchement de l'organe de la génération, de même, chez les Athéniens, ceux qui pratiquent ces secrets sont tout à fait purs, et le hiérophante, leur chef, s'abstient de toute génération, tant pour ne pas contribuer à la progression que pour maintenir pure et sans altération la substance finie, perpétuelle, et enfermée dans l'unité. »

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