Contre les Valentiniens
Tola in adylis divinilas, tôt suspiria epoptarum, totum signaculum linguae, simulacrum membri virilis revelaturl
Mais il ajoute aussitôt après :
« Sed naturae venerandum nomen, allegorica dispositio praclendens, palrocinio coactae figurae sacrilegium obscurat et conviciwn falsi simulacris excusât. »
Ce qui signifie littéralement :
« Mais un nom vénérable de la nature, disposition à valeur allégorique qui se présente tout d'abord sous le patronage d'une figure forcée, rend le sacrilège obscur, et excu&e par des représentations imagées l'opprobre de fausseté. »
Or ce texte pourrait se paraphraser ainsi :
Les Éleusiniens, il est vrai, font apparaître d'abord aux époptes, non le phallos, mais un épi de blé, production vénérable de la nature, dont le nom ne mérite que le respect. C'est seulement ensuite qu'ils exposent que l'épi de blé symbolise le phallos, et que le phallos symbolise d'autres choses. Cependant le sacrilège, si obscurci qu'il soit par le symbolisme, subsiste.
Les renseignements fournis par Tertullien peuvent ainsi se concilier avec ceux que fournit l'auteur des Philosophoumena :
L'épopte aperçoit, éclairé brillamment, un épi de blé. Cet épi de blé symbolise la lumière, qui a été semée dans l'homme à sa naissance, et qui produit tout son fruit grâce à l'initiation. En effet les Philosophoumena appellent l'épi de blé « l'Illuminateur parfait, grand... »
L'épi de blé mûri est remplacé par un autre symbole qui le continue : le phallos dressé. Le phallos dressé pour la génération est produit par Dionysos et Aphrodite : il symbolise le logos, produit par le Nous (la Pensée) et VÀme K Retrancher le phallos, c'est supprimer le raisonnement humain (logos) y et le remplacer par l'intuition pure.
Synésius, dans son traité intitulé Dion, confirme la signification du rite 2.
Il dit du philosophe, assimilé au dadouque :
« La semence intérieure, il est habile à l'augmenter, et, ayant
1. Il n'est pas le lieu d'expliquer ici plus longuement ces mythes et ces symboles. Qu'il suffise de citer Eustathe, Comm. //., 10, 19-27; Tzetzès, Lycophr. schol., 212 (l'explication est moins claire dans ce dernier texte).