Dion, 8, dans la Pair. gr. de Migne, t. 66, p
236 INITIATION A l'ÉPOPTIE
pris une petite étincelle du logos, à mettre le feu à tout un bûcher »;
C'est-à-dire que le dadouque illumine, pour l'épopte, l'objet qui représente le logos, et fait croître la semence qui a été jetée à l'intérieur de l'homme.
Thémistaus loue son père, le philosophe, qu'il assimile au dadouque. Il expose comment, grâce à ce philosophe, les disciples arrivaient à comprendre pleinement la doctrine d'Aristote, et d'autres sages, et à devenir pareils à des époptes. Son discours fait ainsi allusion aux rites suivis dans
l'initiation à l'époptie 1.
« Celui qui s'approchait depuis peu des sanctuaires était saisi de vertige et îrissonnait. L'inquiétude le tenait, et toute sorte d'embarras, incapable qu'il était de saisir les traces ni de s'attacher à aucun commencement qui pût le porter à l'intérieur. Mais lorsque ce prophète, ayant ouvert les propylées du temple, ayant développé les chitons de la statue, l'ayant embellie et l'ayant polie de toute part, la montrait à l'initié déjà toute éclatante et resplendissante d'un éclat divin, ce brouillard, et ce nuage se brisaient, et le Nous (la Pensée) apparaissait du sein de la profondeur, plein de lumière et d'éclat, au lieu des ténèbres d'auparavant, et Aphrodite assistait celui qui portait le flambeau (le dadouque) et les Chantes touchaient à la télété.
C'était donc le visage et l'aspect d'Aristote qui se voyaient dans ces Mystères. Mais en même temps s'ouvraient tous les anactora 2 des sages, et l'on pouvait contempler les hiéra 3 et tout ce que Pythagore de Samos apporta d'Egypte en Hellade et tout ce que plus tard enseigna Zenon de Cittion dans le Portique du Poecile ».
Voici sans doute l'interprétation du passage : L'épopte, avant d'arriver vers le sanctuaire, est saisi par le vertige et le frisson. L'inquiétude et l'embarras le tiennent. Il ne peut suivre les traces du mystagogue, ni voir où commence le chemin qui le mènera au but.
Alors le dadouque ouvre les propylées du temple. Après avoir enlevé les voiles qui recouvrent un certain objet, après l'avoir embelli et orné, il le montre aux initiés dans une lumière éclatante.