‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 21 sur 300 · G. Giannelli, p · texte numérisé non relu

G. Giannelli, p

époque qui n'était pas le moment régulier, grâce à Auguste qui lui-même était initié... »

Claude « essaya de transporter d'Attique à Rome les Mystères éleusiniens » (Suétone, Claude, 25). Néron « parce que les impies et les criminels sont écartés de l'initiation par la voix du héraut » n'osa pas se présenter à Eleusis (Suétone, Néron, 34).

Domitien assista aux Mystères (Bulletin de Corr. hellénique, XX, 1896, p. 715; XXII, 1898, p. 152; XXX, 1906, p. 314).

Sur Adrien, nous savons qu'il fut archonte à Athènes en 111-112 après Jésus-Christ, c'est-à-dire en même temps chef religieux {Corp. Inscr. Graec., III, 1096; Aelius Spartanus, Adrien, XIX, 1; Dion Cassius, LXIX, 16, 1), qu'en 128-129 « il contemplait (ÈTCWTCTeus) les Mystères ».

Il en est de même pour Antonin le Pieux, Lucius Verus, Marc- Aurèle, Commode (Ephemeris Archaiolog., 1883, p. 77, n° 6, Giannelli, article cité, p. 153-159), pour Septime Sévère qui « s'en alla à Athènes poussé par le goût des études et des choses saintes, et des travaux, et des antiquités » (Septime Sévère, 3), et naturellement pour Julien (Eunape, Vie de Maxime, p. 252), etc.

Les Mystères d'Eleusis conservent toute leur réputation aux premiers siècles de notre ère.

Du temps du rhéteur Aristide (127 à 189 après Jésus- Christ) un incendie détruisit le sanctuaire d'Eleusis et tout ce qu'il renfermait 1; mais il fut sans doute reconstruit rapidement.

Le temple fut abattu par les Goths d'Alaric en 396. Môme alors l'enseignement d'Eleusis subsista pendant un temps que nous ne saurions déterminer. Synésius, il est vrai(378-171 après J.-C), étant venu à Athènes, se déclarait déçu, et affirmait que la véritable philosophie siégeait à Alexandrie 2. Mais l'enseignement de la philosophie ancienne resta prospère à Athènes jusqu'au temps de Justinien. Et l'édit de Justinien qui ferma l'école d'Athènes ne détruisit pas la religion hellénique 3.

Les Mystères d'Eleusis eurent donc, chez les Hellènes, puis dans le monde romain hellénisé, une vogue et une influence considérables, jusqu'à une époque assez avancée.

1. Aristide, Oral, XIX, p. 422, édition Dindorf, cité par Ch. Lenormant, Mémoires de l'Académie des Inscr. el Belles Lettres, XXIV, p. 360.

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