LÉCYTHOS PRÈS D'ACRAGAS. HÉRACLÈS COURONNÉ
(Otto Benndorf, Griechische und Sicelische Vasenbilder, Tab. XXXXII, 4.)
Voici la traduction littérale de tout le chapitre : « Conserve sans tache pour Dieu la chose qui lui appartient. Il la couronnera, s'il le veut; et il le veut; il donne cette invite : Celui qui vaincra, je lui donnerai la couronne de vie. Combats toi aussi le bon combat, dont l'Apôtre croit à bon droit que la couronne lui est promise. L'ange aussi reçoit la couronne de victoire, s'avançant sur son cheval blanc, pour vaincre. Et un autre s'orne d'un entrelacement d'iris, dans la prairie céleste. Des prêtres aussi siègent couronnés : du même or le Fils de l'homme resplendit au-dessus de la nuée. Si de telles images s'offrent à la vue, quelles vérités sont exprimées par là? Pourquoi condamnes-tu ta tête au strophiole ou au dracontarion, alors qu'elle est destinée au diadème? Car le Christ Jésus nous a faits rois pour celui qui est Dieu et Père. Qu'y a-t-il de commun entre toi et une fleur qui doit mourir? Tu as la fleur sortie de la tige de Jessé, sur laquelle s'est reposée la grâce de l'Esprit divin, fleur qui ne se corrompt pas, qui ne se flétrit pas, qui dure toujours! Le bon soldat, en la choisissant, a avancé en dignité dans l' ordination céleste. Rougissez, vous, ses compagnons d'armes, car vous ne serez pas jugés par lui, mais par quelque soldat de Mithra, qui, recevant l'initiation dans une caverne, et vraiment dans le camp des ténèbres,
276 INITIATION HOLOCLÈRE
la couronne qui lui est offerte, défendue par le glaive, imitation du martyre, adaptée ensuite sur sa tête, il est averti par une main tendue devant lui de l'enlever de sa tête, et de la transporter, si par hasard, sur son épaule, disant que Mithra est sa couronne, et ensuite il ne se couronne plus jamais, et il a cela comme signe pour démontrer sa qualité, lorsqu'il est tenté au sujet d'un serment; et aussitôt il est cru soldat de Mithra, s'il a rejeté sa couronne, s'il a dit qu'elle est en son Dieu. Reconnaissons le talent du diable, qui imite certaines des choses divines pour nous confondre et nous juger d'après la foi des siens. »
Un autre texte de Tertullien prouve que le soldat de Mithra est vraiment couronné à la fin, tout comme 1' « holoclère » éleusinien, devenu ami de la sagesse et ami de la guerre :
« Mithra signai illic in froniibus milites suos, célébrât et panis oblalionem et imaginem resurrectionis inducit et sub gladio redimit eoronam.
Mithra marque ses soldats au front; il célèbre l'oblation du pain et introduit une image de la résurrection, et, sous le glaive, rachète la couronne » (Des Prescript., ch. 40).
Johannès Lydus fait sans doute allusion à la même cérémonie que Tertullien quand il parle des mystères d'Héraclès, puis des insignes d'Héraclès :
« La couronne est le signe de la perfection; aussi la donnait-on au commencement aux dieux, aux rois, aux prêtres. Mais comme la fortune avait enlevé au mérite sa couronne, les prêtres désormais, se rasant la chevelure, font sur leur tête un cercle de cheveux au lieu de la couronne » (J. Lydus, des Mois, ch. 67).
Les Gnostiques ont conservé ce degré d'initiation, du moins pouvons-nous le présumer.
Un hymne naassénien représente l'âme tombée dans la matière, soumise au travail, recevant de temps en temps la lumière, incapable de sortir du mal si Jésus ne vient la délivrer :
« Il est un Psaume, répandu chez eux, par lequel ils semblent chanter tous les Mystères de l'égarement. La Loi était, génitrice du Tout, premier Nous; Comme deuxième, il y avait le chaos, répandu du premier enfantant; La troisième, V Ame a reçu la loi travaillante; A cause de cela, gisant sous une forme de biche, Dans la fatigue, dans la mort dominant son souci, Tantôt, ayant la Royauté, elle regarde vers le Ciel,
Tantôt, jetée dans la misère, elle pleure.
Tantôt elle pleure, se réjouit,
Tantôt elle pleure, est jugée,
Tantôt elle est jugée, meurt,
Tantôt elle devient incapable de sortir du mal, V infortunée,
Elle est entrée dans le Labyrinthe, errante.
El Jésus a dit : Vois, Pèrel
La recherche des maux sur la terre
Erre loin de ton souffle.
Elle cherche à fuir le chaos amer,
Et ne sait comment elle passera.
A cause de cela, envoie-moi, ô Pèrel
Ayant les sceaux, je descendrai,
Je traverserai tous les Éons,
J'ouvrirai tous les Mystères,
Je montrerai les formes des dieux;
Et les secrets de la roule sacrée,
Les appelant gnose, je les livrerai »
(Philosophoumena, V, 10, dans la Pair, gr., tome 163, p. 3.519).
Les Gnostiques Naasséniens admettent une régénération produite par un souffle virginal.
Nous avons la-dessus un texte des Philosophoumena x.
« Voilà, dit-il (il s'agit du Gnostique Naassénien), les Petits Mystères de la génération charnelle. Après y avoir été initiés, les hommes doivent s'arrêter, puis se faire initier aux Grands Mystères, ceux qui sont en haut du ciel 2. Car ceux qui ont obtenu là-bas, dit-il, des morts plus grandes, reçoivent des sorts plus grands 3. C'est là en effet, dit-il, la porte du Ciel, et c'est là la maison du Dieu, dans laquelle n'entrera, dit-il, aucun homme non purifié, ni le psychique, ni le charnel, mais elle est réservée aux pneumatiques seuls ; étant arrivés là, ils doivent jeter leurs vêtements et devenir fiancés, eux qui avaient été dévirilisés par le souffle virginal. C'est là en effet la vierge qui a dans son sein, et qui reçoit, et qui enfante un fils, non psychique, ni corporel, mais bienheureux pendant les siècles des siècles. Au sujet de cela, dit-il, le Sauveur a dit expressément qu'étroite et resserrée est la porte qui emmène vers la vie. »
Les Valentiniens admettent l'existence de Pneumatiques qui retournent à la perfection, d'âmes pneumatiques qui sont féminines et s'unissent aux Anges :
1. Philosophoumena, V, 8, dans la Pair. gr. de Migne, t. 16, p. 3149.