‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 223 sur 300 · Texte cité plus haut, p · texte numérisé non relu

Texte cité plus haut, p

En effet, les Grecs ont souvent marqué la supériorité de la philosophie sur la rhétorique et la poétique 1. Or la rhétorique et la poétique appartiennent au grade inférieur.

Les dignitaires du premier degré étant comparés à des choreutes, leur chef, le coryphée, est assimilé au dadouque; or « le philosophe est appelé coryphée de la sagesse 2. »

Le philosophe s'assimile au prêtre (hiéreus) et l'on peut dire indifféremment, pour le même grade, prêtre ou philosophe; mais Platon, dit Olympiodore, a employé le mot bacchos; ce mot convient à la fois au prêtre et au philosophe, puisque bacchos implique séparation du monde de la genèse; le mot bacchos convient au prêtre qui montre la lumière indicible, et il convient au philosophe qui éclaire ses disciples par le raisonnement :

« Beaucoup mettent en première place la philosophie, comme Porphyre, Plotin et beaucoup d'autres philosophes; d'autres mettent en première place la hiératique comme Jamblique, Syrianos et Proclus et tous les autres hiératiques; mais Platon, considérant que les appellations de côté et d'autre sont multiples, les a réunies en une seule vérité, donnant au philosophe le nom de bacchos. En effet, si l'on considère comme moyen terme la notion celui qui s'est séparé de la genèse, ce moyen terme montre l'identité des deux appellations 3 : mais il est évident qu'il honore le philosophe en même temps que le bacchos, le nous en même temps que le dieu, et la lumière qui est dite, en même temps que la lumière indicible » (Olympiodore, Sur le Phédon, édit. Norvin, p. 123).

D'après une formule citée par Platon et empruntée sans doute à la poésie orphique et aux Mystères 4 « beaucoup portent le narthex, mais peu sont bacchoi ». Or les porteurs de narthex sont ceux qui vivent à la façon titanique, c'est-à-dire ceux qui vivent de la vie divisée, et le bacchos devient pareil à Dionysos :

« Socrate, à la façon d'Orphée, appelle les gens de la foule porteurs de narthex, parce qu'ils vivent à la façon titanique... » (Olympiodore, Sur le Phédon, p. 122).

1. Platon, Théélèle, 173 c et ailleurs; Synésius, Dion, 6, dans la Pair. gr. de Migne, t. 66, p. 1133.

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