L'ascension
Il semble que l'initié monte parfois seul. Voici quelle est la voie décrite par Synésius.
« Il s'est préparé sa route, et il monte degré par degré, en sorte qu'il peut faire quelque chose par lui-même. En s'avançant il est probable qu'il rencontrera l'objet de son amour. S'il ne le rencontre pas, il est du moins sur la route, et cela n'est pas une petite chose, mais ainsi il arriverait à différer des autres hommes plus que ceux-ci des animaux. A ce dernier point, un certain nombre d'entre nous peuvent y arriver, l'entreprise étant conforme à la nature.
Mais là-bas, à moins que quelque noblesse d'âme ne se rencontre, dirigeant d'en haut la première descente et le caractère éminent de la pensée, de façon à se suffire à soi-même et à tirer de soi-même le principe du mouvement...
Car la semence intérieure, il est habile à l'augmenter, et, ayant pris une petite étincelle du logos, à mettre le feu à tout un bûcher...
Là-haut, à ceux-là seuls qui sont bienheureux par leur famille, cette fin peut échoir » (Dion, 8, dans la Pair, gr., t. 66, p. 1136).
Mais il arrive plus souvent qu'il soit aidé dans sa marche.
Si l'on pense que le texte de Thémistius, qui sera donné plus loin, concerne cette initiation, ou plutôt concerne l'ascension au ciel d'un homme qui a reçu cette initiation, on voit que cet homme supérieur monte au ciel sur un char :
« S'il faut en croire la philosophie qui, après t'avoir transporté récemment dans le bienheureux voyage, revient de là-bas pour nous l'annoncer, aussitôt que tu fus délivré du lien de la nature, sans avoir brisé ni arraché celui qui te retenait encore, mais luimême s'étant détaché et défait, aussitôt tu te précipitas en haut vers l'éther et le ciel, après avoir uni l'attelage des chevaux immortels que pendant si longtemps tu avais nourris et soignés, que tu avais habitués à s'élancer ensemble et à courir ensemble... » (Thémistius, Discours, XX, p. 286, édit. Dindorf).