‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 24 sur 300 · Platon, Apologie de Socrate, 41 a · texte numérisé non relu

Platon, Apologie de Socrate, 41 a

Deux jeunes Acarnaniens entrèrent un jour dans le sanctuaire des déesses, à Eleusis, sans être initiés : les questions qu'ils posèrent les trahirent; ils furent traduits aussitôt devant les autorités du temple et, bien qu'ayant agi sans intention mauvaise, ils furent mis à mort (Tite-Live, XXXI, 14, 6, 8).

Un rhéteur grec du vie siècle après Jésus-Christ, Sopatros, traite le thème suivant 1 :

« Il y a une loi d'après laquelle celui qui a dévoilé les Mystères doit périr. Or, quelqu'un, ayant vu la lélété 2 en songe, a demandé à un des initiés si ce qu'il a vu est exact. L'autre a fait signe que oui. II est accusé d'impiété »; il s'agit de montrer comment on peut défendre l'accusé, dans cette situation désespérée.

Or le rhéteur prête à l'avocat les paroles suivantes, sur la nécessité du secret :

« Il n'y a rien qui proclame plus hautement les avantages du silence que les Mystères d'Eleusis; quand l'initié a entendu le céryx 3 recommander, avant le spectacle, de s'abstenir non seulement de tout discours, mais encore de toute exclamation, il se sent étroitement engagé à la vertu du silence; et je n'avais pas attendu cette voix du céryx qui précède la cérémonie pour comprendre de quelle importance il est de savoir se taire 4... ».

Les divinités éleusiniennes, disait-on, intervenaient elles-mêmes pour punir les coupables.

Un épicurien étant entré dans le lieu où seul le hiérophante pouvait pénétrer fut pris d'une grave maladie et en mourut, racontent Élien (fragment 12) et Suidas (sous le mot hiérophante).

Un homme non initié étant monté sur une pierre pour voir les mystères, tomba et se tua, dit encore Élien (fragments 58, 8).

Et Horace (Odes, III, 2, 27) déclare qu'il ne voudrait pas se risquer aux dangers de la mer avec un compagnon qui aurait révélé les secrets de Déméter. ,

La loi du secret d'ailleurs s'applique en Grèce à d'autres mystères qu'à ceux d'Eleusis.

Ainsi les Arcadiens, au témoignage de Plutarque, lapident ceux qui entrent volontairement dans le Lycée et envoient à Éleuthères ceux qui y entrent par ignorance 5.

Et une tradition ancienne, conservée chez Eustathe, montre déjà Tantale puni pour avoir révélé les Mystères :

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