‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 25 sur 300 · Plutarque, Questions grecques · texte numérisé non relu

Plutarque, Questions grecques

« Il faut bien savoir que Tantale est dit souffrir tout cela parce que, ayant été avec les dieux, il révéla aux hommes de son temps les choses qui ne se répètent pas, et non seulement les Mystères en paroles, mais encore l'ambroisie et le nectar » (Eustathe, Comm. sur l'Odyssée, XI, 582, p. 1700, 52 s.).

La loi du secret s'impose peut-être même à l'intérieur des Mystères. En tout cas, dans les cérémonies des Saturnales, suivant Macrobe, celui qui perçoit les principes cachés ne doit pas les formuler :

« L'origine des Saturnales, je puis l'exposer : non pas celle qui se rapporte à la nature cachée de la divinité, maie celle que Ton expose en la mêlant de fables, ou celle que les physiciens découvrent à la foule ; car, les principes cachés, découlant de la fontaine de vérité, il n'est pas permis de les formuler même dans les cérémonies sacrées, mais, si quelqu'un les atteint, il doit les garder cachés à l'intérieur de son âme. » (Macrobe, Saturnales, I, 18, 236).

La formule employée par Macrobe semble indiquer qu'il s'agit d'une loi générale.

La loi du secret concerne aussi les livres ou les écrits relatifs aux Mystères.

Il y eut en effet des livres sacrés en Egypte 1, et notamment des livres de sciences puisque les prêtres égyptiens étaient en même temps des savants a. Mais il y en eut aussi en Grèce :

Manéthon, II, 197: « ...les mystes des lélétés bienheureuses et indicibles, qui connaissent les orgies notées dans les livres cachés que tous les mortels n'ont pas le droit de connaître ».

Plutarque, Sur la face qui paraît dans la lune, XXVI, 16 : «...tous les hommes qu'il visita, s'appliquant aux écrits sacrés, et se faisant initier à tous les Mystères, ce n'est pas en un jour qu'on pourrait les raconter ».

Galien, De simpl. medicam. lemper. ac facult., VII, Prooemium, édition Kùhn, t. XII, p. 2 : « ...Etcela n'est pas étonnant, puisque quelques-ans des non-initiés ont osé lire des livres des mystères. Mais ceux qui ont écrit ces livres ne les ont pas écrits pour les profanes, et moi je n'ai pas écrit ce qui précède pour ceux qui ne sont pas exercés dans les premiers éléments ».

Pausanias nous fait connaître l'existence d'écrits sacrés à Phé-

1. Clément d'Alexandrie, Stromales, VI, 4, Pair. gr.y t. 9, p. 254.

Page 1