C. /. L., VI
US MYSTÈRES D'Éi.K0ST8 3
Clément d'Alexandrie se demande, dans un passage de la Cohorlatio ad génies (Palrologie de Migne, t. 8, p. 72-74), qui est l'inventeur des Mystères : Dardanos, qui montra les Mystères de la Mère, Éétion qui enseigna les Mystères de Thrace, Midas, les Mystères phrygiens, Cinyras les orgies d'Aphrodite, Mélampe, fils d'Amythaon, qui apporta d'Egypte en Hellade les fêtes de Déo... Quand il lance sa fameuse invective contre les Mystères d'Eleusis, il rapproche des Mystères éleusiniens les Mystères d'Attis et de Cybèle, les orgies des Corybantes, des Cabires, les Mystères des Tyrrhéniens, d'Attis (p. 76, p. 81).
Un hymne orphique s'adresse en ces termes à Misé : « Misé, déesse indicible, mâle et femelle, Iacchcs libérateur, à deux na-. tures, soit que tu te plaises en ton naos embaumé d'Eleusis, soit que, en Phrygie, avec ta mère, tu diriges les mystes, ou que tu te plaises àCypre avec Gythérée à la belle couronne, ou encore que tu t'enorgueillisses des saintes plaines riches en froment, avec ta mère, la déesse au manteau noir, Isis la vénérable, près du cours de l'Égyptos... » (Hymn. Orph. 42 ou 41, édition Hermann) : ainsi le poète associe de façon intime les Mystères d'Eleusis, de PJirygie, de Cypre, d'Egypte.
a La science antique de la nature, chez les Grecs comme chez les Barbares, dit Eusèbe, consiste en opinions sur les choses naturelles, cachées sous le voile des mythes... On s'en assure par les vers orphiques, par les traditions de l'Egypte et de le Phrygie; mais ce sont surtout les rites orgiaques des Mystères et les actes symboliques des cérémonies sacrées qui mettent en lumière les idées des Anciens » (Prép. évang., III, Prooem., 1). 3
Julien déclare : « la Mère des Dieux est identique à la déesse que les Athéniens honoraient sous les noms de Déo, Rhéa, Déméter b {Discours, V, 159 B).
Et Théodoret : « Les Mystères de Rhéa, Cybèle, ou Bruno, — ou bien comme vous voudrez la nommer — ont été apportés de Phrygie en Grèce » (Pair. Gr., t. 83, p. 796).
En disant que le philosophe Diagoras dévoilait le logos orphique, les Mystères d'Eleusis, et les Mystères des Cabires, l'auteur chrétien Athénagoias nous montre bien qu'il y a rapport étroit entre les Mystères des Cabires, les poèmes d'Orphée, et les Mystères d'Eleusis (Athénagoias, Ambassade pour les Chrétiens, 4 dans la PatroL Grecque, t. 6, p. 897).
Dans les Métamorphoses d'Apulée, la déesse Isis, apparaissant au héros du livre, lui déclare être la même que la Mè %e des Phrygiens, Minerve Cécropienne des Athéniens autochtones* Vénus Paphia de Cypre, Diana Dictynna de Crète, Proserpine Stygia des Siciliens, Cérès d'Eleusis, Junon, Bellone, Hécate... (Apulée, Mélam., XI, 5).