LEURS RAPPORTS
Jamais un Hellène n'oppose sa religion à celle d'autres cités ou d'autres peuples, Égyptiens, Perses, Indiens... comme une religion vraie à une religion fausse. Chacun croit la religion des autres fondamentalement pareille à la sienne.
Chez Eschyle *, l'Egypte est appelée « sol de Zeus », ou « terre sacrée de Zeus ».
Platon semble admettre sans difficulté l'identification de la déesse égyptienne Neith avec Athéna 2.
0Xénophon, dans la Cyropédie, représente Cyrus ou les autres Perses honorant Zeus le Roi (II, 4, 19; III, 3, 21 ; VII, 5, 57), Zeus Patrôos (I, 6, 1; III, 3, 22; VIII, 7, 3), Héra (VIII, 4, 12), Hestia (VII, 5, 57), Hestia Patrôa (I, 6, 1), les dieux et les héros (II, 1, 1; III, 3, 22; VIII, 3, 24), mais aussi Mithra (VII, 5, 53).
Plutarque 3 peut se demander si la théorie relative aux démons a été inventée par les mages disciples de Zoroastre, les Thraces disciples d'Orphée, les Égyptiens, ou les Phrygiens; et il compare les iélétés (ou initiations) de ces peuples divers.
Proclus se servait des purifications orphiques et des purifications chaldéennes 4.
A un moment donné, à Athènes, le hiérophante fut remplacé par le grand prêtre de Mithra 5.
Et les peuples étrangers honorent les dieux et héros grecs comme ceux dont le culte est établi dans leur pays.
L'oracle de Delphes est non seulement l'oracle de tous les Hellènes, mais il est consulté parles Étrusques, les Romains, les Phrygiens au temps de Midas, les Lydiens sous la dynastie des Mermnades 6 etc.
Et voilà pourquoi il n'exista jamais de lutte violente entre les différents Mystères non plus qu'entre les différents cultes publics.
Le traité de Jamblique sur les Mystères semble marquer une préférence pour les mystères « barbares » c'est-à-dire chaldéens ou égyptiens — pour des raisons de langue 7 — , mais on aurait sans doute de la peine à retrouver ailleurs,