‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 3 sur 300 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

leur religion mystérieuse — comme du reste sur tout sujel important — avec le désir de tout dire ou de le dire clairement; ils procèdent par allusions et ces allusions concernent tel ou tel détail particulier, rarement un ensemble d'idées, et encore moins souvent un corps de doctrines. Il s'agit donc de comprendre ces données fragmentaires, de les relier entre elles, et de voir comment elles ont rapport aux Mystères d'Eleusis.

Or les allusions, plus vagues chez les auteurs anciens et en particulier chez les auteurs grecs d'époque classique, deviennent plus nettes chez les auteurs tardifs, notamment ceux des IIe, IIIe et IVe siècles de l'ère chrétienne.

Mais devons-nous croire à la valeur de ces témoignages ?

Par exemple, Aristide Quintilien (vers 110 après J.-C.) raconte en détail comment l'âme est descendue du séjour supérieur, et comment elle a subi, en descendant, diverses modifications, et reçu diverses enveloppes jusqu'à la dernière qui est le corps. Il s'agit de nous rendre compte si Aristide Quintilien suit les doctrines grecques antiques : nous le croirons en principe, parce qu'il se donne lui-même comme un disciple fidèle des anciens maîtres; mais des expressions de Platon telle que « l'âme allant vers la genèse » ou « l'âme qui se repaît de la terre » amèneront la persuasion.

Porphyre ou Synésius, ou d'autres, nous renseignent bien sur la traversée du fleuve ou du bras de mer que doit accomplir le futur roi, ou le futur hiérophante; mais une fois que nous avons reconnu le rite, nous y trouvons une allusion chez Pindare.

Et de même sur tel ou tel autre point.

De très nombreux ouvrages ont traité des [Mystères d'Eleusis ou de la religion grecque, depuis la Renaissance jusqu'à nos jours, et parmi les derniers parus ceux de Goblet d'Alviella, Paul Foucarl, Maurice Brillant. De nombreux articles ont paru dans des revues, encyclopédies, dictionnaires. Le présent ouvrage en a profité dans une large mesure.

Mais la source principale de renseignements reste, il faut bien l'affirmer, la littérature grecque et latine.

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