MYSTÈRES EN GÉNÉRAL ET MYSTÈRES D'ELEUSIS
§ I. — Sciences secrètes et Religions secrètes. Leur raison d'être.
Les anciens Hellènes ne conçoivent pas que l'on puisse livrer à tout le monde, indistinctement et sans précautions, les sciences, les arts, et les doctrines religieuses l.
Chez eux, la médecine reste une science secrète.
Les Asclépiades (descendants d'Asclépios Je dieu inventeur de la médecine) forment une espèce de caste sacerdotale qui se transmet les connaissances, les expériences médicales, les remèdes. D'après Soranus 2, « Hippocrate enseignait son art à ceux qui pouvaient l'apprendre, en leur faisant prêter serment... En effet les choses sacrées se montrent à des hommes sacrés; les profanes ne peuvent s'en occuper avant d'avoir été initiés aux orgies de cette science ». Tout disciple d' Hippocrate doit prononcer un « Serment» dont la formule nous est restée dans les Œuvres hippocratiques. Le médecin charlatan de Lucien, dans la Tragodopodagra 3, déclare : « Le serment myste de me taire ne me permet pas d'expliquer... »
Et Galien croit que la médecine devient inférieure quand elle sort de la famille des Asclépiades 4.
La science des astres ne doit se transmettre qu'aux hommes reconnus dignes de l'acquérir.
L'astrologue Vettius Valens, qui exprime souvent cette nécessité du secret, dit par exemple :
I> Comment les Grecs ont entouré de mystère leurs idées, Lilius Gregorius Gyrajdus l'exposait déjà dans son livre Lilii Gregorii Gyraldi Ferrarensis libelli duo in quorum altero Aenigmata plerumque anliquorum, in altero Pythagorae symbola..., imprimé à Bâle en 1507.
2. Vie d' Hippocrate, placée en tête des Œuvres d' Hippocrate.