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42 mystères d'éleusis

« Même les initiations et les rites d'Orphée n'étaient pas sans rapport avec l'agriculture. C'est l'explication du mythe qui le décrit charmant et adoucissant les cœurs de tous. Les fruits cultivés que nous donne l'agriculture ont une action civilisatrice sur la nature humaine en général et sur les habitudes des animaux; les passions animales qui sont dans nos cœurs sont enlevées ou rendues inofïensives » (Thémistius, Discours, 30, 349 b. — 0. Kern, Orphie, fragm., 112).

D'après Proclus, Orphée, avant Homère et Hésiode, a expliqué les vérités éternelles :

« ...La mylhopoiïe (la fabrication de mythes) selon laquelle Homère et Hésiode ont transmis les théories relatives aux dieux, et avant eux Orphée et tout autre qui, avec une bouche inspirée par les dieux, a expliqué ce qui est toujours pareil et de même nature » (Proclus, Sur la République, 368 b).

Comme les Orphiques avaient introduit les Mystères dans plusieurs cités, il exista, dit la tradition, des poèmes orphiques pour plusieurs Mystères :

Suivant Pausanias, I, 22, 7, Musée avait fait un hymne à Déméter pour les Lycomides.

Suivant le même auteur (IX, 27) : « Après Olen, Pamphos et Orphée ont fait des vers; et tous deux ont des poèmes consacrés à l'Amour, afin que les Lycomides les chantent dans le drame mystique : je les ai lus... en parlant avec un homme qui faisait office de dadouque, et n'en parlerai pas davantage. »

La tradition grecque rapporte encore que différents personnages de la famille orphique composèrent des ouvrages multiples.

Ainsi le marbre de Paros attribue à Orphée /' Enlèvement de Coré et les Erreurs dé Démêler. D'après Suidas (au mot Eumolpos), les Orphiques avaient écrit, sous le nom d' Eumolpos, un ouvrage de trois mille veis sur les Mystères de Démêler, sur les Aventures de la déesse chez Céléos et sur Y Initiation des filles de Céléos. Diogène Laërce attribue à Musée, fils de cet Eumolpe, la Théogonie et la Sphère (Prooemium, 3). Il dit même que c'est lui qui les fit pour la première fois, d'où il résulte bien clairement que ces poèmes furent refaits.

Clément d'Alexandrie fait savoir que des auteurs divers ajoutèrent des écrits aux écrits orphiques :

« Ion de Chio, en ses Tri grammes, raconte que Pythagore luimême apporta quelques écrits à Orphée » (Clément d'Alexandrie, Siromates I, 21, Pair. Gr. de Migne t. III, p. 864); et le même auteur donne toute une série de personnages qui composèrent des poèmes orphiques.

Suidas semble conserver la trace de faits analogues :

« Arignoté, disciple de Pythagore le Grand et de Théano Samienne, philosophe pythagoricienne, mit en ordro ceci, les Bacçhica; l'ouvrage est sur les Mystères «de Déméter et s'intitule aussi Hiéros Logos (Discours Sacré) ; elle écrivit aussi les îélèiés de Dionysos et d'autres choses philosophiques » (Suidas sous le mot Arignoté ; il est vrai que le lexicographe ici ne donne pas le qualificatif <V Orphiques aux traités mentionnés).

Ainsi s'est constituée et développée toute une littérature orphique dont l'histoire précise est impossible à écrire, parce que c'était une littérature sacrée et parce que la personnalité des auteurs n'importait pas. Il subsiste des hymnes orphiques x — de rédaction tardive apparemment, mais qui sont peut-être des remaniements d'hymnes plus anciens — ; il subsiste aussi de nombreux fragments 2.

Cette poésie orphique emploie le vers hexamètre dactylique et utilise une langue artificielle et composite dont le fond est le dialecte ionien, mais qui comprend des éléments éoliens 3. Il n'y a pas de raison de croire que la poésie orphique la plus ancienne ait été de caractère différent.

Cette langue poétique religieuse, attachée au mètre dactylique, fut adoptée par la poésie épique et notamment la poésie homérique, la poésie théologique et morale d'Hésiode, les hymnes homériques, les oracles.

En effet plusieurs anciens ont attribué l'invention de la poésie et du vers dactylique à Orphée 4.

Clément d'Alexandrie affirme qu'Homère a imité Orphée, 6. Et Diodore de Sicile raconte que le poète pélasgique Linos eut comme imitateurs Orphée et Pronapide, celui-ci

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