RAPPORTS AVEC LA PHILOSOPHIE GRECQUE
crate que Platon fait parler dans V Apologie professe bien les idées enseignées dans les Mystères quand il dit :
« Si quelqu'un, délivré de ceux qui ici prétendent être des juges, arrive chez Hadès et y trouve les juges véritables dont on affirme qu'ils jugent là-bas, Minos et Rhadamanthe et Éaque et tous ceux des demi-dieux dont on a dit qu'ils fuient justes pendant leur vie, fait-il un changement regrettable? Habiter avec Orphée, Musée, Hésiode et Homère, n'est-ce pas un sort que l'on estimerait beaucoup *? »
Et quand le même Socrate assimile les vertus à une purification, il se met, avec une netteté particulière, à la suite de ceux qui ont institué les Mystères :
« Et ceux qui ont institué pour nous les léléiés ont bien des chances de ne pas être des gens sans mérite, mais c'est conformément à la réalité qu'ils nous disent sous forme d'énigme, depuis l'antiquité : celui qui arrive chez Hadès sans être initié et sans avoir reçu la lélélé restera gisant dans le borboros, mais celui qui a été purifié et a reçu la lélélé, arrivant là-bas, habitera avec les dieux. Il y a en effet, comme disent ceux qui traitent des télélés, beaucoup de porteuis de thyrses, mais peu de bacchanls. Mais ces hommes-là ce sont exactement ceux qui ont été de façon droite des philosophes. Or, pour être l'un de ces hommes, je n'ai, dans la mesure du possible, rien négligé pendant ma vie, j'y ai au contraire consacré toute mon ardeur » (Phédon, 60 c-d).
Pour les philosophies qui fleurirent après Alexandre le Grand, leur rapport avec les religions a été reconnu depuis longtemps : « les philosophies se rapprochent des religions de telle sorte qu'il est souvent impossible de distinguer les unes des autres 2. »
Les doctrines des philosophes — - sauf celles des Épicuriens sans doute — restent d'accord avec les Mystères; la philosophie veut assimiler l'homme à la divinité, tout comme les Mystères :
« La philosophie est une assimilation au dieu » (Olympiodore, Sur le Phédon, édit. Norvin, p. 1).
« Les sciences rendent l'homme divin » (Hiéroclès, Sur les Vers d'or, préface, p. 417 M).