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LEUR PERSISTANCE PENDANT L'ÈRE CHRÉTIENNE

Les ouvrages de Bardesane n'étaient pas tous livrés au public, et une partie de ses hymnes étaient réservés pour les élus1.

S* Épiphane nous découvre que des Gnostiques se reconnaissent en se chatouillant le creux de la main 2.

D'autre part on pourrait faire de nombreux rapprochements entre les doctrines des Gnostiques et celles des philosophes grecs ou des Mystères 3. Ils ont la même conception de l'âme, de ses origines, de la façon dont elle peut s'améliorer— par exemple les Naasséniens veulent « la réascension de l'homme, c'é*st-à-dire sa renaissance, afin qu'il devienne pneumatique, non charnel » {Philosophoumenay V, 8) — , ils emploient souvent les mêmes mythes 4.

porte, quelqu'un de ceux qui sont au dehors, ne puisse percevoir, par la vue ou par l'oreille, ce qui se fait à l'intérieur » (Ecberthus, Sermons contre les Cathares, Patr. lai., t. 195, p. 51).

1. Ephrem, Hymnes, 23, p. 489 c (dans Matter, Hisl. du Gnoslicisme, 2« éd., I, p. 364).

2. S1 Epiphane, Contre les Hérésies, I, 26, dans la Patr. gr., t. 41, p. 338.

3. Sur l'affinité des théories gnostiques avec les Mystères, voir, par exemple, Matter, Histoire du gnoslicisme; Odo Casel, De philosophorum graecorum 8ilentio mystico, p. 109; De Labriolle, Hist. de la litt. Mine chrétienne, p. 20.

4. De même encore les Manichéens, qui utilisent, par exemple, le mythe des Géants, fils de la Terre (Alex. Lycopolit., Traité des opinions des Manichéens, Patr. gr., t. 18, p. 445).

§ I. — L'initiation et les dieux.

L'hymne homérique à Déméter chante comment la déesse Déméter a établi les Mystères d'Eleusis lors de 6on séjour dans cette ville :

« En s'en allant, elle montra aux rois administrateurs de la jus* tice, à Triptolème, à Dioclès, le fouetteur de chevaux, à la Force d'Eumolpe, à Céléos le Conducteur de guerriers, l'accomplissement des cérémonies sacrées; elle leur fit connaître à tous les orgies vénérables... Bienheureux celui des hommes, vivant sur la terre, qui les a vues! Celui qui n'a pas la perfection des Mystères sacrés, celui qui n'y a pas pris part, n'a jamais, une fois mort, un sort pareil sous le couchant obscur » (Hymn, hom. V, 473-482).

Les inscriptions, les représentations figurées 1 montrent constamment la déesse Déméter en rapport avec les Mystères d'Eleusis. Les auteurs la nomment sans cesse, et le chrétien Minucius Félix dit encore : « La divinité des Éleusiniens est Cérès, comme celle des Phrygiens est la Mère, comme celle des Épidauriens est Esculape 2 ».

A côté de Déméter intervient Perséphone ou Coré, sa fille. Les inscriptions d'Eleusis appellent Déméter et Perséphone tw 8ew 3 « les deux déesses » et les auteurs nomment « la mère et la fille 4 ».

Les inscriptions, les représentations figurées, les textes joignent souvent aux déesses Déméter et Perséphone d'autres divinités ou des héros. On trouve ainsi :

1. Voir là-dessus Martin P. Nilsson, Die eleusinischen Goltheilen, Archiu fur Religionswissenschaft, 1935, p. 79 et suiv.

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