‹ Les mystères d'ÉleusisChapitre 93 sur 300 · Naturam plantandi et augendi corpora · texte numérisé non relu

Naturam plantandi et augendi corpora

l'ame humaine 103

et des astres et des autres éléments, que ceux-là sont appelés en haut pour le siège de l'âme et ont mérité l'immortalité par la nature même de la région où ils sont et par l'imitation de cette sublimité, tandis o;ue l'âme est amenée vers ces corps terrestres, de sorte qu'on croit qu'elle meurt quand elle se renferme dans cette région caduque et dans le séjour de la mortalité.

Ne va pas t'émouvoir si, à propos de l'âme, nous nommons tant de fois la mort. Par la mort en effet, l'âme ne s'éteint pas, elle est seulement recouverte pour un certain temps; et son engloutissement temporel ne lui enlève pas le bénéfice de la perpétuité. Et de même, quand elle sera hors du corps dans lequel elle aura accompli sa fonction, presque usée par la contagion de ses défauts, alors elle reviendra à la lumière de la vie éternelle, rétablie dans son intégrité. »

Plutarque 1 explique la même théorie, mais sans entrer dans tous les mêmes détails :

« Et, relativement au point qu'Eschyle a traité par énigme et a montré obscurément quand il a dit :

Vénérable Apollon, dieu exilé du ciel, que ma bouche ne commette pas de faute, suivant le mot d'Hérodote. Mais Empédocle, au début de sa philosophie, fait cette proclamation :

C'est affaire de la nécessité, antique décret des dieux, lorsque quelqu'un, égaré, souille ses membres d'un meurtre2 et quand les démons de longue durée ont obtenu sa vie, qu'il erre pendant dix mille saisons loin des bienheureux. Tel est mon exil actuel, loin des dieux, dans l'erreur;

alors, il ne veut pas parler de lui seul, mais il veut, par lui-même, indiquer que nous sommes tous des émigrés, des étrangers et des exilés.

Car, a-t-il dit, ce n'est pas le sang, ni le pneuma mêlé à ce sang, ô hommes, qui a fourni l'essence de l'âme et son principe : ces éléments ont seulement façonné le corps, né de la terre et mortel. Pour l'âme, venue d'ailleurs ici-bas, il appelle sa naissance un voyage, employant la plus atténuée des. expressions; car, suivant

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