PREMIÈRE OBJECTION
« Les caractères de l’écriture sont enseignés à l'école et ne sont en conséquence que des formes mécaniques démontrées par le professeur.
« Comment se fait-il alors qu’un enfant n’écrive pas comme un autre? Que l’on compare les écritures de tous les enfants d’une école, on restera convaincu que, parmi tous les élèves, il ne s’en trouvera pas deux qui aient une écriture absolument semblable. Sans doute, les caractères sont enseignés par le même maître, mais il n’en peut enseigner l’esprit, de même que l’enfant n’imitera pas les gestes et les habitudes des personnes qu’il aime le plus et même des parents dont il a reçu ses qualités intelligentes. »
AVANT-PROPOS
Et il met en regard, plus loin, un môme mot écrit par douze élèves ayant eu le même maître, et il explique la différence qui existe entre ces écritures diverses.
« Et maintenant que les écritures ont adopté telle ou telle forme à l’école, comment pourra-t-on expliquer que l’écriture des femmes soit plus tendre et plus molle que celle des hommes? Cela est incontestable, et dans le rapport de la force avec la faiblesse, dans l’harmonie de l’esprit sérieux avec l’esprit sensible. »
Et il donne comme preuves les signatures de Napoléon et de Joséphine et la signature de Vallenstein et de sa femme. Mais Napoléon et Vallenstein ne sont pas des hommes ordinaires.
Ces deux signatures de Napoléon et Vallenstein seront données tout à l’heure.
Aussi il est à remarquer qu’une femme qui sort du caractère général et qui est plus homme que femme, peut posséder une écriture hardie et virile.
Et il ajoute, à propos de ces deux signatures, celle de George Sand, femme de lettres, dit -il, qui s’habillait en homme et eût volontiers changé de sexe; et
xl AVANT-PROPOS.
celle de Catherine II, impératrice de Russie, plus homme que femme.