DERNIÈRE PUA>E DE L’ÉCRITURE DE NAPOLÉON III, CELLE DE L’EMPEREUR
Nous avons un très-curieux spécimen de l’écriture intime, de cette écriture naturelle dans laquelle l’àme se montre à nu. C’est une dépêche télégraphique écrite au crayon et, par une singulière coïncidence, datée de Boulogne.
Il y a là une grande simplicité. L’homme ne pose plus ni comme prétendant ni comme écrivain. Il a une autre grandeur : il règne sur la France.
« L’Empereur à l’Impératrice, à Paris. »
Cela dit tout.
DE L’ÉCRITURE
La ligne serpentine est la première. Ses courbes sont singulières. Elle marche par grands anneaux. La position est grande maintenant, et les mille petits moyens d’autrefois seraient sans but. La victoire est remportée, grande et éclatante. Prenons garde cependant. Cette ligne fatidique se termine par un mot descendant, /’ Impératrice. C’est le signe type de la fatalité. La troisième ligne, Boulogne, le 1er mars, à cinq heures, est également descendante.
Mais voyons si à ces signes mauvais il n’y a pas quelque forte correction. Les cinq lignes qui forment le corps de la dépêche ont gardé l’alluré constante de toutes les autres lettres de cet homme qui a eu une si étrange fortune. La ligne descendante d’abord, puis ascendante. Un génie qui attend, qui médite, qui s’incline et qui se relève ensuite. C’est frappant dans ce billet comme dans les autres lettres. C’est le signe type des hommes de lutte.
Nous sommes loin dans ce spécimen de l’écriture si timide , si féminine qui nous venait de la prison de Ham. Le mot Boulogne est presque triomphalement magistral. Le mot Empereur a de l’allure et Paris est en grosses lettres. Ce diamant au doigt vaut bien la peine d’être montré dans tout son éclat.
DE L’ÉCRITURE
Le caractère saillant de cette nature s’est épanoui d’instinct dans ces cinq lignes, quoique écrites rapidement et au crayon. Voyez les barres des T dans les mots : été, trem (trempé) (qui a été supprimé délicatement pour ne pas effrayer), toute, te, lettre. Elles ne démentent pas dans le souverain le mot maternel appliqué au prince adolescent.
Puisque nous parlons de celte mère, présentons h nos lecteurs son écriture. Il est bien rare que tout homme qui a marqué n’ait pas dû la vie à une femme de valeur.
Cette volonté ferme, cette nature à la fois souple, molle, douce, généreuse, Napoléon III les doit à, sa mère. De même que la plante est dans l’embryon, Napoléon 111 a été intellectuellement et par l’éclosion de son génie persévérant et volontaire, recevant par hérédité les aptitudes de celle qui nous, est connue sous le nom de reine Ilortense.
JV. B. Cet article était écrit avant la grande catastrophe de 1870. Fatalité!
FIN D’CNE LETTRE DE LA REINE HORTENSE A Mme LA C*,e REGNA U LT-SA I NT-J E AN-D’AN G É LT.
La signature seule, pour nous' servir d’un mot vulgaire, dit une maîtresse femme.
Le T barré durement, énergiquement, avec une
DE L’ ÉCRIT U
longueur exagérée et inharmonique, nous la volonté, l’obstination l’entêtement.
Dans la partie supé rieure de la lettre, beaucoup de t minuscules sont bar rés très-haut; quelques uns même ne font qu’ef- ^ fleurer la hampe à son sommet. ^
Nous savons que c’est le ^ signe type de la despoti- ^ vité. Ce même signe n’est pas là de hasard, par un accident de plume. Beaucoup de mots de la lettre ont ce signe caractéristique.
L’écriture, par son inclinaison, indique une nature sensible et aimante.
Ce n’est pas toutefois la sensibilité d’abandon. La tête commande au cœur, * ^ et la régularité de cette ^ écriture dit fort bien que ^