‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 100 sur 168 · LETTRE DU PRINCE LO U I S -N A P O LÉ O N A M. JUBINAL · texte numérisé non relu

LETTRE DU PRINCE LO U I S -N A P O LÉ O N A M. JUBINAL

Dans cet autographe, l’homme aux petites allures et aux pattes de mouche de Ham s’est développé et a élargi son envergure. L’homme intime s’efface, le personnage se montre plus complètement. Ces lignes sont destinées à l’album des gens de lettres. Elles auront des millions de lecteurs. Évidemment le prétendant a tenu la plume, et l’écrivain a été à ses ordres.

La note de clarté, de netteté, est dominante (les mots très-lisibles, les lettres égales, les mots séparés par une distance assez considérable, du jour, de l’air dans l’écriture). L’écrivain y met de la coquet-

terie : le crochet égoïste et personnel des d minus-

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cules a presque disparu ; il fait place à. un mouvement arrondi et harmonique de la plume qui va reprendre la lettre suivante et qui est le signe type de la liaison des idées (ce signe est très-fréquent dans l’écriture des intelligences cultivées).

Le mouvement volontaire est moins fortement accentué (les barres des T sont moins durement formées). Ce n’est qu’à quelques mots çà et là que le signe type se montre. Mais dans la signature, le t minuscule de Bonaparte est marqué du signe type de la despotivité (la barre du T placée le plus haut que possible sur la hampe, si elle ne touche même pas cette hampe).

Ce qui était moins saisissable dans les deux premières lettres se montre ici d’une manière frappante. La ligne serpentine nous révèle l’esprit diplomatique. Toujours le même mouvement : la plume descend d’abord; l’écriture est descendante. On se plie, on se contient; mais elle devient ascendante et l’on marche au but.

Etudiez ce mouvement. Il est plein d’intérêt. Puis arrivent- les lignes complètement serpentines. Nous nous plaçons à côté de Talleyrand. Voyez les cinq à six dernières lignes; suivez-en les mouvements ondulatoires.

Descendez à la signature. Elle n’a que trois mots,

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et elle contient toute une ligne d’écriture diplomatique. Le mouvement serpentin y est merveilleusement accusé.

Ce sera un de nos signes types, tels que nous les avons vus dans Louis XVIII, dans Louis-Philippe, dans Talleyrand.

Nous n’avons pas à juger l’écrivain. Il a de la clarté, de la liaison d’idées, de l’ordre. Né sensible, il a l’une des plus belles conditions de l’art d’écrire. Mais cette écriture est privée des lettres harmoniques (le L majuscule du mot Lorsque est lourd dans sa partie inférieure ; le B du mot Recevez a le crochet intérieur disgracieux et également inharmonique).

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