‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 108 sur 168 · CL^U^O · texte numérisé non relu

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Le duc Decaze. Il avait été le favori de Louis XVIII, qui l’appelait son fils, ancien ministre et ambassadeur.

Le signe dominant est la ligne serpentine, le génie diplomatique.

Decaze fut, en effet, un bien habile homme et très-ambitieux. Ses lignes sont ascendantes. Ses barres hautes et dures : activité, persévérance. 11 a des mots gladiolés : finesse.

Des mots d’une grande petitesse se mêlent à des mots de plus grande hauteur.

Il a su se plier à toutes les positions et se faire aux changements de régime. Écriture bien fran-

chement de l’homme d’esprit qui veut arriver, n’importe comment, et qui arrive.

Beaucoup de lettres inharmoniques et vulgaires disent un génie fort médiocre.

Par contre, c’est le génie de l’habileté et de la ruse.

On disait de ce gascon :

Decaze le couqui.

Nousdonnerons comme spécimen d’écriture des hommes politiques du règne de Louis- Philippe celle de M. Thiers.

ONZIÈME SPÉCIMEN

Un phénomène curieux s’est produit dans l’écriture de M. Thiers.

Elle a été longtemps sous 1 la loi de la fatalité et de la malechance. Elle était descendante; la signature même était descendante.

Plus tard, elle est devenue ascendante. L’énergie, l’ardeur, l’entrain, la puissance ambitieuse qui étaient

dans cette nature ont vaincu ce que nous nommons faussement la fatalité.

Le Polignac de Louis-Philippe est aujourd’hui président d’un gouvernement qu’on appelle la république française. M. Thiers, quoique pour le quart d’heure président de république, est avant tout un écrivain éminent, un grand orateur. On a dit de lui que c’était l’homme clair par excellence, soit qu’il parle ou qu’il écrive.

Malgré ses finesses (des mots gladiolés), cette écriture à mots très-espacés, à lettres presque sans liaisons, est splendide de lumière. C’est son caractère saillant.

Elle a cet autre caractère que le côté sensible est constamment comprimé par le côté rationnel et volontaire.

Dans la même ligne des mots sont inclinés et disent mie nature sensible ; d’autres ont la forme presque verticale et disent une nature sèche et froide; ce contraste perpétuel gâte l’écriture de M. Thiers.

L’écriture est très-serpentine. Ce sont des lignes qui ondulent dans tous les sens; le diplomate paraît là.

La signature a la simplicité -'arithmétique des grands esprits. Elle est aiguë et dit la finesse du personnage.

Pour l’époque de la seconde république française, nous prendrons le général Cavaignac.

DOUZIÈME SPÉCIMEN

La volonté s’accentue chez Cavaignac jusqu’à la despotivi té. Voyez la barre si haute du mot connaître . Les mots sont ascendants : vous, ambition, ardeur.

L’imagination se montre dans les grandes minuscules se perdant, en haut et en bas des mots.

Il y a de la finesse dans cette nature : voyez les mots gladiolés : connaître, j'aurais. La grande vivacité se montre dans l’ascendance des mots et le mouvement aigu des lettres. Il y a de la bizarrerie, beaucoup de lettres sont singulièrement inharmoniques.

L’écriture très-inclinée dit une grande sensibilité.

Absence de l’instinct diplomatique, c’est l’homme qui va à son but.

Pour terminer notre nomenclature trop rapide de l’écriture des hommes politiques , nous citerons celle de M. Rouher, un des hommes marquants du second Empire.

TREIZIÈME SPÉCIMEN

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