‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 120 sur 168 · JOSEPH DE MAISTRE · texte numérisé non relu

JOSEPH DE MAISTRE

L’auteur du Pape et des Soirées de Saint-Pétersbourg n’est pas pour rien du pays de Machiavel. Suivez le mouvement serpentin de ses petites lignes. Il n’avait pas une grande mission dans le monde : le petit État du Piémont pesait peu, de son temps, dans les destinées générales. Et toute sa politique pratique se résume dans ce mot : « Ici, nous vivons assez tranquilles; et, tant que nos voisins seront sages, nous continuerons sur le même pied. »

Ce n’en est pas moins un des habiles. Il a appartenu aux camps des retardataires et des conservateurs les plus obstinés du vieux régime, et il s’est trouvé, comme Balaam, le prophète des révolutions prodigieuses de l’avenir. Cette lettre contient un aveu terrible : « Le mouvement nous entraîne; nous ne pouvons le dominer. »

Quelle charmante naïveté que cette phrase : « Heureusement les jeunes pages en verront une meilleure. » Où sont-ils les jeunes pages ?

L’instinct diplomatique se voit à chacune de ces

lignes. C’est un mouvement à très-petites courbes, qui rappelle les lignes de Cavour. Mais l’écriture n’est pas ascendante. Elle n’a ni élan ni ambition.

Le soleil des vivants n’éclaire plus les morts.

La signature, que nous ne donnons pas ici, est nettement aristocratique : le comte de Maistre. Elle est gâtée par une majuscule G qui abrège le mot comte, et descend au-dessous de la ligne de l’écriture en formant une courbe concentrique, signe de personnalité et d’égoïsme.

QUATRIÈME SPECIMEN

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