CHAPITRE NEUVIÈME
Les Orateurs, PREMIER SPÉCIMEN.
Mirabeau, le fougueux Mirabeau.
Écriture magistrale.
Grande liaison d'idées (les d minuscules vivement liés) : enchaînement puissant de raisons.
Ecriture tassée, lettres et mots qui se serrent. Une vraie bataille : argumentation pressante.
Netteté, ordre, vigueur. Une vraie phalange de raisons à laquelle rien ne résiste.
Grande imagination.
Nous regrettons de n’avoir pas l’écriture du rival de Mirabeau, l’abbé Maury, pour la mettre en parallèle avec celle-ci.
La signature de Mirabeau est gâtée par le parafe. Et puis quelle bizarrerie! Un signe type de défiance (un trait cantonné de points).
Cet homme était défiant , soupçonneux. Il n’eut jamais foi dans la liberté, qu’il défendit avec tant d’éloquence. Un moment vint où il essaya vainement d’arrêter la crise dont il avait aidé l’accélération : le génie devait échouer contre la logique, qui emporte les révolutions.
Cet homme s’était vendu à l’Espagne et ensuite à la cour.
Le caractère de l’homme ne fut pas à la hauteur de son immense capacité.
DEUXIÈME SPÉCIMEN
L’écriture de Berryer est remarquable par la sensibilité, l’imagination.
Les mots sont ascendants : fougue, ambition.
DE L’ÉCRITURE. 441
Il y a des lettres bien mouvementées par l’imagination.
Les lignes sont onduleuses, serpentines : aptitude diplomatique. Il en a fallu à Berryer pour maintenir sa position, quoique libéral, au milieu du parti légitimiste.
La volonté, l’énergie, la despotivité ont leur signe saillant (les t fortement et rudement barrés ; voyez faites, petites) .
L’écriture est d’inégale hauteur. L’improvisation de Berryer avait ces inégalités : ou sublime ou
nul.
La signature est vive et a de la finesse. Le corps de l’écriture a aussi quelques finesses.
Un grand orateur et un homme habile.
TROISIEME SPECIMEN