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CHAPITRE ONZIÈME

Les Poëtes.

Les poëtes sont des natures qui sentent plus vivement que le vulgaire, et qui ont de plus une faculté refusée à beaucoup, de donner A la parole humaine unrhythme dont les formes varient selon le génie des peuples, mais qui a toujours pour générateur l’enthousiasme.

Les poètes sont appelés des inspirés , mens divinior, l’antiquité ayant supposé, dans son admiration, que des formes si ravissantes de la pensée étaient données au génie humain par les dieux.

Sentir vivement,

Trouver des formes idéales,

Tracer, figurer la pensée et lui donner ce manteau à paillettes d’or qui s’appelle la poésie, sculpter en quelque sorte, dans un marbre pur, l’idée que la raison froide laisse à sa forme triviale et vulgaire : telle est la faculté du poète. Gela ne se peut sans deux grandes puissances de l’àme : la sensibilité et l’imagination. L’une donne les sentiments, l’autre les images.

Notre grand Lamartine va nous offrir son écriture si impressionnée, si sensible.

Je pourrais donner pour premier spécimen une ravissante strophe sur les liserons, datée de décembre

C’est limpide et pur comme une page des Méditations et de Jocelyn.

Mais nous voyons moins l’homme dans ces lignes régulières beaucoup trop étudiées. Il y a là un calme qui dit un enthousiasme presque refroidi. Ce n’est certes pas le brouillon sur lequel ces vers ont été jetés pour la première fois. Si nous avions quelques

lignes de l’écriture intime du poète, quelle différence! Et comme il nous semble que les mouvements de l’enthousiasme, sans lequel la poésie n’est qu’une versification, nous apparaîtraient dans leur fougue et leur lyrisme! Cherchons.

PREMIER SPECIMEN

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