‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 18 sur 168 · XL VI · texte numérisé non relu

XL VI

AVANT-PROPOS

et de plus l’écriture doit certainement indiquer la profession qu'on doit choisir, si elle révèle les goûts, les aptitudes, les dispositions à telle ou telle carrière. C’est à cela surtout que l’auteur aurait dû apporter son attention ; là serait le côté utile de la science, et c’est celui que nous nous efforcerons de chercher, car le fond existe. En chiromancie, non-seulement je devine une profession, mais j’indique surtout la carrière qu’un enfant doit suivre, et je ne me trompe jamais. Toujours la personne qui consulte avoue, si elle n’a pas suivi la carrière que je lui indique, que celle-ci était véritablement sa carrière préférée, dont elle a conservé les goûts, et elle reconnaît qu’elle applique les aptitudes de cette profession manquée à celle qu’elle exerce, et s’en fait surtout une force particulière.

« L’écriture est, selon l’auteur, plus révélatrice que la physionomie. »

Pour la révélation du caractère, cela est vrai, parce que la physionomie chez les hommes rusés et hypocrites n’est le plus souvent qu’un masque impénétrable, mais que la chiromancie enlève du premier coup, et que, par conséquent, l’écriture, lorsqu’on n’a pas d’intérêt à la contrefaire, peut bien enlever aussi.

L’auteur raconte que, se trouvant forcé de passer la nuit dans une ville sans théâtre, par une longue soirée d’automne, l’aubergiste l’introduisit dans une réunion

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XLVU

qui se tenait dans la maison, pour l’aider à passer le temps. Là il entendit unpéroreur qui tenait le dé de la conversation, parlait politique, et se comportait en homme du monde, en laissant de temps en temps apercevoir quelques connaissances scientifiques. La figure de l’individu lui donnait bien quelques présomptions, lorsque celui-ci, voulant allumer sa pipe (ne pas oublier que nous sommes en Allemagne), tira de sa poche un morceau de papier écrit, et le tabac une fois enflammé jeta le papier à terre; l’auteur en ramassa les débris et vit l’écriture.

« — Vous ôtes maître cordonnier?- dit-il à l’orateur. — C’estvrai, répondit celui-ci ; comment le savez-vous?»

L’histoire est jolie et parfaitement racontée, et elle donne surtout une haute idée d’un homme qui devine un cordonnier à trois mots de son écriture. C’est le triomphe de la science.

Et, pour qu’on ne conserve aucun doute à cet égard, notre graphoraane donne à la page 71 de son livre un fac-similé du mot d’écrit qu’il a ramassé et dont le papier porte encore lesdraces de la brûlure.

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