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DEUXIÈME PÉRIODE

Avançons un peu dans la vie, nous verrons la première éclosion des passions qui devront dominer toute cette existence. L’imagination est déjà éveillée (le D du mot adieu s’élève très-haut, et se perd dans une courbe sans harmonie et sans règles); la volonté s’accentue fermement (le T du mot ton est barré à son extrémité la plus haute, et la barre est terminée par un trait dur) ; la sensibilité se montre (l’écriture s’incline), et la signature indique une imagination qui se laissera emporter loin ( l’A de la signature est barré par un mouvement excentrique qui le contourne par en haut et qui indique une imagination ardente); la sensibilité est restée stationnaire (l’écriture n’est pas beaucoup plus penchée que dans le spécimen précédent).

Nous avons encore l’enfant; mais l’être intelligent et libre a fait ses premières éclosions de spontanéité et de vie.

Avançons toujours.

TROISIÈME PÉRIODE

La dernière lettre était de 1854; l’enfant avait alors sept à huit ans. Nous voici en 1858. Quatre années, c’est immense dans un si jeune âge. L’enfant est un collégien ; il a déjà passé sous la discipline d’un internat. L’écriture est appliquée. C’est une phase toute nouvelle.

Étudions cette troisième manière.

Le côté sensible s’est considérablement développé (l’inclinaison des mots); l’imagination est dans une période de calme ( la majuscule A du mot Adieu indique seule le tohu-bohu de ce jeune cerveau). Il y a absence complète de prétention (pas une fioriture aux ü dans les mots désirer de); la volonté est con tenue (les T sont barrés légèrement); l’égalité des lettres indique qu’aucune finesse, aucune dissimulation n’est entrée dans cette âme.

Nous le trouvons au passage de l’enfance à l’adolescence. Il y a encore naïveté, simplicité, retenue1.

Une année s’écoule.

Quand on étudiera la méthode, on verra les traits qui correspondent à ces qualités.

DE L’ÉCRITURE

QUATRIÈME PÉRIODE

L’imagination a pris plus

intellectuelle a marché :

c’est moins naïf, moins hésitant, moins simple.

Le T majuscule du mot Tontonapris delagrâce:

les instincts poétiques se sont révélés. Les T minuscules sont barrés par un trait qui s’élève en courbe arrondie (absence de dureté, de violence, de despotivité).

La prétention commence à s’accentuer (les D minuscules, en s’élevant, forment un crochet disgracieux qui retombe).

L’habitude du travail a rendu l’écriture plus ferme.

Remarquons toutefois que c’est une lettre appliquée où l’âme se

d’essor. La faculté

trahit moins que sur toute autre écriture non étudiée.

Franchissons deux années. Nous voilà en 1861. L’enfant a quatorze ans ; ses éludes avancent. — L’écriture a pris une fermeté remarquable. L’adolescence , avec l’aplomb, la hardiesse, le contentement de soi et les aspirations ardentes de cet âge se manifestent déjà.

DE L’ÉCRITURE

CINQUIÈME PÉRIODE

La personnalité, la prétention, se sont considérablement développées (regardez les fioritures exces-

sives des D minuscules). Il y a de la grâce dans l’esprit (le L majuscule du mot Lycée). La volonté, encore molle dans la lettre précédente, s’est accentuée un peu plus vivement (les T n’ont plus leurs barres ondulées, mais droites). Cependant rien n’annonce un caractère ferme, énergique. Les premières finesses se montrent (le mot honneur est inachevé, le mot renvoyer se termine en pointe).

Voilà, certes, de curieuses transformations. Lorsqu’on sera au courant de notre méthode, on verra la justesse de toutes ces remarques; on les étendra soi-même, parce que nous voulons éviter dans ce travail toute prolixité.

Lejeune homme quitte le collège; il a dix-sept ans. Au xix® siècle, c’est un homme.

Il vient de passer un examen. Il a trouvé cet examen très-difficile. 11 a échoué à ce premier examen, et il est dans un grand étonnement. C’est l’une des premières mortifications de la vie. Il n’en perd pas pour cela sa grande confiance en lui-même. Retenons nos dates : nous sommes en 1864. Nous allons voir le chemin que les facultés et les passions ont suivi. L’adolescence est venue et s’affirme.

DE L’ÉCRITURE

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