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CHAPITRE TROISIÈME

Les écritures types.

Nous n’avons vu encore que notre alphabet. Nous allons montrer en quelque sorte notre méthode d’une manière vivante, par l’application.

Pour faciliter les recherches, nous placerons nos types par ordre alphabétique.

Ambition.

ÉCRITURE TYPE

PREMIER SPÉCIMEN

L’existence de l’homme qui a écrit cette lettre (p. 121) a été dévorée par l’ambition.

Non-seulement ses lignes sont ascendantes, ce qui est le signe-type de l’ambition, mais encore presque tous ses mots sont ascendants : puis , pas, vous, depuis, l'honneur, monsieur.

Ses lettres finales, surtout les r minuscules, ont un mouvement pour s’élever.

C’est donc la pensée dominante : arriver, arriver encore.

Et pour atteindre plus haut, autant que pour

DE L’ÉCRITURE

garder la position déjà acquise, cet homme a recours à toutes les ruses, à toutes les finesses de sa petite diplomatie. Voyez ses lignes onduleuses, leur mouvement serpentin.

Cette nature est des plus vulgaires. Le M majuscule du mot Monsieur est absolument grossier.

Le dernier du peuple ne fait pas plus mal. Deux crochets, au commencement et à la fin du M majuscule de la dernière ligne (page P2J), disent l’égoïsme, la personnalité excessive de l'individu.

Dans ces mêmes lignes, l’homme se déguise : les lettres sont tour à tour basses et hautes. 11 n’y a dans celte nature aucune franchise.

Il est sensible : son écriture est inclinée. Mais écouter le cœur eût été dangereux. 11 se redresse: des lettres sont verticales : a, d, p, rj.

Ce n’est pas une nature simple, calme, droite, loyale. Pas un de ses traits ne vient vous dire qu’on peut compter sur un noble cœur. C’est l’homme habile, inquiet, dans un état presque continuel de crainte, de défiance, tremblant d’un mot, d’un regard de ceux qu’il peut redouter.

Nous venons de voir l’ambitieux vulgaire, petit,

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DE L’ÉCRITURE

mesquin, jaloux, haineux, poursuivi par une pensée unique : ne pas se compromettre pour le moment et ménager son avenir.

C’est donc une écriture qui peut être étudiée comme véritable type d’ambition, de dissimulation, de passion.

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M. Bancel, ancien député au Corps législatif, ancien représentant du peuple à la Législative.

Nous avons à le juger à un autre point de vue, celui de l’ambition.

Trois lignes! mais elles sont accentuées. Elles ont le signe type : elles sont ascendantes, même trèsascendantes.

L’écriture a de l’entrain, de la sensibilité. Le mouvement diplomatique est accentué (voyez la courbe sinueuse de la seconde ligne). C’est un homme qui logiquement devait parvenir.

Le B majuscule de sa signature est anguleux et inharmonique, et il y a un vilain trait dur descendant

qui sert de parafe. Les esprits d’élite n’ont pas ce parafe.

L’écriture est inclinée et dit une nature sensible, une immense ténacité ( t barrés durement). Un ambitieux qui a du cœur.

TROISIÈME SPÉCIMEN

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M. de Girardin, l’un des hommes les plus remarquables de notre époque.

Écriture ascendante, signature ascendante. Ambition colossale. Un monde à gouverner ferait l’affaire de M. de Girardin, mais il lui faudrait ce monde.

Aussi est-il journaliste. Le journal est aujourd’hui le trône où siège la puissance qui gouverne les esprits : gouverner les esprits, c’est la grande, la vraie royauté.

Nous avons là l’un des rois de l’époque contemporaine.

Au service de l’immense ambition, la nature a donné à M. de Girardin l’intuition et le coup d’œil qui le classent parmi les intuitifs. Ses lettres, comme burinées, se détachent fortement et disent le penseur.

Le mouvement diplomatique de quelques lignes est contrarié par une vivacité, une spontanéité excessives. C’est un esprit qui produit incessamment. Le rôle lent et cauteleux, l’incubation douloureuse pour créer une haute position dans le monde gouvernemental, l’incessante patience, les craintes, les prudences à s’imposer pour la conserver, ne lui iraient pas. Il renverserait dix gouvernements avant de s’astreindre à en faire marcher un seul pendant quinze jours.

Le Journal des Autographes, n° 2, du 25 no-

vembre 1871, feuille consacrée au développement et à la vulgarisation de la science graphologique, contient une étude curieuse de l’écriture de M . de Girardin. « On y remarque surtout une intelligence qui aime la clarté, qui porte dans toutes les questions le flambeau. C’est une intelligence qui jette des feux. Mais cette grande faculté d’intuition a été trop absorbante dans Girardin. il s’est livré au charme de voir. Avec son œil si pénétrant, il en est venu à tout voir comme à la loupe. Ce don merveilleux a été un piège pour lui, et il y est tombé. Et comme il s’est fait homme politique , c’est un politique qui cherche l’absolu. »

quatrième spécimen.

M. Nisard, académicien.

Écriture très -ascendante : grande ambition. Esprit. Possessivité.

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DE L’ÉCRITURE

t*,/, t+S*t*dr

Bonté.

ÉCRITURE TYPE

La bonté est le désir de faire du bien et d’être agréable à tous. C’est le développement dans l’âme de l’instinct bienveillant.

C’est l’écriture des belles âmes , des natures affectueuses et douces.

Le signe type est un mélange des types suivants:

Ecriture penchée : sensibilité exquise.

Lettres d’égale hauteur : ouverture de l’âme, franchise.

Absence de fioritures : simplicité.

Finales allongées, le plus souvent arrondies : générosité.

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